Petit guide explicatif des symboles funéraires au Père Lachaise

En cette période de l’année, les zombies, les citrouilles et les squelettes sont mis à l’honneur ! Pour ceux en quête du petit frisson d’Halloween, le cimetière du Père Lachaise peut servir de terrifiant décor. En flânant entre les tombes et différents caveaux, vous pourrez aisément voir que certains symboles reviennent très souvent : le sablier ailé, la chouette, la coccinelle, le flambeau inversé… Marine et Anne-Elise vous proposent d’en découvrir quelques uns.

La chouette

tfuLa chouette est un motif funéraire depuis l’Antiquité. Il lui est accordée de nombreuses vertus notamment celle de pouvoir voir, grâce à ses grands yeux, à travers les ténèbres. C’est donc un symbole de connaissance et de survie à travers la mort. On la retrouve souvent sur les tombes des  intellectuels car elle rappelle aussi la sagesse. Au XIXème siècle, on porte une attention particulière au patrimoine et à l’Antiquité ; la chouette pouvant se trouver sur des tombes de ces temps anciens, les passionnés l’ont alors reprise pour leurs dernières demeures. 

La coccinelle

captureLa coccinelle, aussi étonnant que cela puisse paraître, est aussi un symbole funéraire chrétien. Depuis le Moyen-Âge, elle est associée à la Vierge Marie par rapport à l’innocence et à la pureté. Cette Bête à bon Dieu, peut s’envoler et donc rejoindre le ciel. Par ce biais elle ferait une place au défunt dans le Paradis et l’aider dans son cheminement. Sur cette tombe, l’homme tient une rose où est posée une coccinelle, par son geste, il l’invite à s’envoler pour faire faire passer le message.

Le Chrisme

14466933_1232374776814516_1911198306_oIl s’agit d’un des premiers symboles chrétiens. Il est constitué des lettres grecques chi (x) et rhô (p) qui débutent le mot Christ en grec (Χριστός). Sur cette tombe, il est accompagné de l’alpha (α) et de l’oméga () signifiant le début et la fin en référence à la vie. Le Chrisme apparait sous Constantin Ier (272-337). Ce dernier a vu ce signe dans un de ses rêves avant la bataille du pont de Milvius en 312. Il le fit mettre sur les étendards et boucliers et gagna contre Maximilien. Il se questionna alors sur ce symbole et un de ses soldats lui fit savoir qu’il s’agissait non pas de la marque d’un dieu païen mais du Dieu chrétien. Cet Empereur qui n’était pas chrétien prend conscience de la religion et se montre plus tolérant avec elle. Ce symbole est souvent utilisé dans l’art paléochrétien et est repris depuis ce temps comme symbole un peu passe-partout du Christ.

Le papillon de nuit

qisyL’espérance de vie très courte du papillon en fait le symbole de l’éphémérité de la vie. Son cycle chenille-chrysalide-papillon fait aussi référence à la transition de l’âme vers le monde des morts. On le trouve très souvent sur les tombes mais également dans les arts décoratifs de la fin du XIXè siècle, notamment sur les lits, rappelant qu’il ne faut jamais oublier le cycle de la vie et de la mort. Il est souvent associé à la renaissance et caractérise l’âme débarrassée de son enveloppe charnelle. En mythologie grecque, il est même le symbole de l’immortalité. Pas étonnant donc de le retrouver dans un tel contexte !

La flamme

sdyfgQu’elle soit sous forme de trépied ou de flambeaux inversés, la flamme est caractéristique du monde funéraire et peut signifier beaucoup de choses différentes. C’est un symbole profane qui est resté dans les croyances populaires. Il peut faire écho au feu perpétuel qui représente la transmission d’une mémoire ou d’un savoir (comme sur la tombe du soldat inconnu) et il peut également symboliser la partie immatérielle de nous-mêmes qui survit à la mort. La flamme peut aussi représenter la pensée qui permet d’orienter la marche dans les ténèbres. Elle se retrouve dès lors sur la tombe de libres penseurs qui assimilent les ténèbres aux dogmes et à l’obscurantisme. Dans la mythologie, le génie de la mort est figuré avec une torche à la main car la flamme consume tout, comme la mort. Le flambeau inversé symbolise également la mort car ainsi la flamme s’éteint par manque d’oxygène. Le flambeau est alors la métaphore du corps humain et la flamme de l’âme qui s’échappe.

Le sablier ailé

yPouvant parfois être soutenu par des anges ou bien être au cœur d’une guirlande de fleurs, le sablier volant représente la fugacité du temps. Il est le symbole du temps qui s’écoule inexorablement et qu’on ne peut arrêter. Les ailes, qui peuvent être de colombe ou de chauve-souris, donnent une dimension cultuelle au seul sablier qui relève du domaine profane. Elles l’élèvent vers Dieu, seul maître de la mesure du temps et de la destinée des Hommes, tout comme elles élèvent l’âme du défunt vers lui. Plus positivement, le sablier volant peut également induire une forme de résurrection ou signifier une nouvelle vie qui démarre grâce à sa réversibilité.


Plus d’informations : 

DE TERVARENT G., Attributs et symboles dans l’art profane : Dictionnaire d’un langage perdu. Genève, Librairie Droz, réed.1997. www.goo.gl/KN5N9L

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