Le sceptre de Charles V

Le sceptre « de Charles V » fut réalisé à Paris au XIVème siècle. Il s’agit probablement d’une commande effectuée par Charles V, en vue du sacre de son fils Charles VI qui eut lieu en 1380. Constitué d’or, d’argent doré, de perles, de rubis et de verres colorés, il mesure 60 centimètres de haut et est aujourd’hui conservé au département des objets d’art du Musée du Louvre.image-rmngp

©Musée du Louvre, distr. RMN / Jean-Gilles Berizzi

L’objet est composé de quatre parties superposées. Au sommet figure une ronde-bosse représentant Charlemagne sur son trône. En-dessous s’épanouit une fleur de lys, elle-même surmontant un nœud orné de trois médaillons avec des épisodes de la vie de Charlemagne. Le tout est supporté par une hampe, entièrement ciselée de fleurs de lys.

Une iconographie au service de la royauté

La figure de Charlemagne qui surmonte l’ensemble est reconnaissable à sa barbe et au globe surmonté d’une croix dans sa main gauche. Cet élément le désigne comme empereur du Saint Empire Romain Germanique. Le souverain est également représenté sur les médaillons et ses victoires y sont mises en scène. Charlemagne était alors vénéré comme un saint à la cour de France, pour ses exploits militaires et en tant que défenseur de la foi catholique. Son image, ainsi que l’omniprésence des fleurs de lys dans le décor, sont autant d’éléments permettant de magnifier le pouvoir monarchique.

Un luxe raffiné

Le sceptre est réalisé avec des matériaux très prisés : or, argent, perles, pierres précieuses (plus tard remplacées par des verres colorés). Le travail de ciselure sur le manche, ainsi que les représentations détaillées au repoussé sur le nœud, témoignent de la grande virtuosité technique des orfèvres parisiens. En plus de ces méthodes déjà connues et exploitées auparavant, des techniques nouvelles sont visibles sur le sceptre : les perles sont fixées par rivetage, et la fleur de lys était initialement entièrement couverte d’émail blanc. Cette dernière technique est appelée l’émail sur ronde-bosse, et connaîtra un grand développement par la suite. D’autres œuvres plus tardives, comme le Cheval d’Or commandé par Isabeau de Bavière, témoignent de ce savoir-faire des orfèvres parisiens aux XIVème et XVème siècles.

goldenes_rossl
Le Cheval d’Or, début du XVème siècle, trésor de la collégiale Saint-Philippe-et-Saint-Jacques d’Altötting.

Les regalia, objets de prestige

L’iconographie et la préciosité de l’objet sont en lien étroit avec sa fonction initiale. En effet, le sceptre faisait partie des regalia : il était donc utilisé par le roi lors de la cérémonie du sacre. Il était conservé avec les autres objets de sacre dans le trésor de la basilique Saint-Denis et fut utilisé jusqu’au XIXème siècle. Tous les regalia furent détruits lors de la Révolution, sauf le sceptre qui survécut pour des raisons encore inexpliquées aujourd’hui.

oneline-napoleon-costume-sacre
Jean-Auguste Dominique Ingres (1780-1867), Napoléon Ier sur le trône impérial, 1806, huile sur toile, Paris, musée de l’Armée. 

©Musée de l’Armée, distr. RMN / Emile Cambier

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s