Wilde, sa vie : son Oeuvre


02147269199b3dadad8670e8a3a6e756L’exposition Oscar Wilde se tient au Petit Palais
depuis le 28 septembre jusqu’au 15 janvier 2017. Assez petite, composée de 5 pièces, elle ne manque pour autant pas de richesses, le personnage regorgeant de surprises. Le Petit Palais est parvenu à réunir de nombreux documents de presse de l’époque, d’estampes, de lettres, de textes et de photographies pour nous présenter ce personnage haut en couleurs, archétype du dandy dans la mémoire collective. A travers un parcours chrono-thématique, l’exposition nous dévoile les nombreuses autres facettes de cet artiste et de cet homme très complexe.

On entre tout d’abord dans une première petite pièce -cette exposition étant surtout faite de petits espaces-, où une première citation de Wilde illustre sa biographie. On peut alors commencer à sentir le personnage, dès qu’on met un pas dans l’exposition. Jouant sur sa beauté, ainsi que sur son sens du mot, il savait ainsi prononcer des phrases (très) marquantes. Puis, on entre dans une seconde salle, pour comprendre le problème majeur de l’exposition : celles-ci sont bien trop petites par rapport au monde présent.

Puis, Wilde en Amérique, Wilde marié. Encore une autre étape de sa vie, en manteau de fourrure, posant en tant que modèle pour des photographies. Son sens de l’esthétique y est ainsi marqué. Le spectateur déambule donc des années de formations de l’artiste jusqu’à sa mort en 1900. Nous y découvrons le jeune Wilde adepte des romantiques et du décadentisme initié par Huysmans , brillant fils d’ophtalmologiste irlandais. La figure de sa mère est présentée comme une influence essentielle pour Wilde : lettrée, ironique, poète, elle aurait initié l’amour de la beauté et de la littérature chez son fils et lui aurait transmis son humour acerbe.

Des lettres à Constance, avec qui il eut deux fils, sont empreintes d’amour et amènent le lecteur à se questionner sur l’homosexualité réputée de Wilde (due notamment à son aventure avec Alfred Douglas). De même, les éléments mettant en avant une cour assidue à Sarah Bernhardt lors de leur première rencontre, nous font comprendre que le dandy est également attiré par les femmes et pas seulement de façon platonique.

14971822_1155383611211260_160645614_n-1Cela amène à une large réflexion sur un personnage connu comme misogyne :  « Définir les femmes en tant que sexe ? des sphinges sans énigmes » dit- il dans ses aphorismes… Mais à côté de cela, il aime les femmes et défend leurs droits en étant notamment rédacteur en chef d’un journal féminin anglais où il défendra la libération des femmes. C’est un personnage complexe, et bel et bien un personnage !

Wilde basait toutes ses théories sur l’idée que l’apparence compte plus que tout : « Pour moi la beauté est la merveille des merveilles. Il faut être bien superficiel pour refuser de juger d’après les apparences. Le vrai mystère du monde est le visible, pas l’invisible ». Il est assez logique qu’un homme pareil veuille incarner la beauté et soit donc amener à porter une multitude de masques… Que pense-t-il vraiment ? : Qu’il n’a pas de limites. Que ce soit en amour, en littérature, en art et dans sa vie en général, Wilde ne veut ni la limite du sexe, ni celle des moyens et encore moins celle de la morale ! Sa vie entière est en soit un manifeste de sa théorie esthétique.

L’exposition parvient donc très bien à montrer cet aspect, mais il reste cependant un regret : la fin est un peu abrupte… En effet une dernière salle nous expose la triste fin de l’écrivain qui, dénoncé par le père de son amant pour sodomie, est condamné à 2 ans de travaux forcés à la prison de Reading. Détruit par cette expérience inhumaine, il meurt peu de temps plus tard. L’exposition s’achève sur la photographie de sa tombe réalisée par Jacob Epstein au Père Lachaise (avec des baisers dessus…). Une partie sur la postérité de l’Oeuvre de Wilde aurait été appréciable afin de ne pas clore cette exposition sur le constat de la mort de l’artiste. Mais cette proposition a le grand mérite de développer une véritable interprétation de la personnalité complexe d’une grande figure de l’art.

Delphine Cibot Savignac et Sarah Favre

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Plus d’informations : 

Exposition Oscar Wilde, l’impertinent absolu au Petit Palais, du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017

 

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