Savoir enfin qui nous buvons : le vin comme rencontre

Des dizaines de tables arrangées un peu au hasard, un grand tableau noir couvert d’inscriptions plus ou moins sérieuses, une grande carte manuscrite de la vallée de la Loire, et parfois même un chat : le spectateur qui arrive dans la salle pour assister à Savoir enfin qui nous buvons a de quoi être surpris. Une fois installé, il remarquera sans doute le petit bar qui lui fait face, et sur lequel Sébastien Barrier a disposé les six bouteilles de vin qu’il s’apprête à faire déguster. Car dans cet étrange cabaret à un seul homme, on boit du vin naturel, on mange aussi, et surtout, on écoute.

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(c) Angelique Lileyre

Sébastien Barrier a la parole facile. Pendant cinq heures, souvent plus, au fil de ses humeurs et de ses digressions, il emmène comme un funambule le spectateur dans un voyage le long de la Loire. « 200km prévus, 600km de rendez-vous reportés », le comédien manceau nous fait part de ses rencontres et de ses anecdotes au sujet de six de ses amis vignerons, parmi ceux que nous buvons sans même nous poser la question.

Loin de mettre en scène une sorte d’encyclopédie du vin, le comédien fait vivre cette boisson, en rendant présentes les personnes qui en sont à l’origine. A travers quelques portraits photographiques des vignerons, réalisés par la photographe de presse Yohanne Lamoulère au cours d’un road-trip manifestement épique, Sébastien Barrier nous raconte le vin plus qu’il nous l’explique, et exprime sa beauté plus au travers de ses effets que de termes oenologiques, avant un touchant final où les vignerons eux-mêmes ont la parole.

Rencontres, amitiés, anecdotes plus ou moins sobres, c’est un véritable récit de vie dont le fil rouge est le vin que le comédien nous propose. C’est par moments par la musique et par un chant quasi incantatoire que Sébastien Barrier nous raconte ce qu’évoque pour lui le vin, comme élément traditionnel central de la culture française et d’une certaine forme de sociabilité.

Nul besoin de connaissances particulières, la prose brillante du comédien suffit à comprendre la relation profonde qui unit le vigneron à son cru, et celui qui le boit à la terre dont il provient. Car tout vient de là, et les anecdotes ne manquent pas dans ce spectacle pour signifier le lien ambigu et intense entre le producteur et son cépage. Au-delà des appellations, Savoir enfin qui nous buvons est l’occasion de découvrir enfin, avec émotion et humour, mais sans prétention, qui se cache derrière ce si bon Chinon.

Sébastien Barrier à Paris :

  • 24-25 février, 3-4 mars, 19h, Le Centquatre, 20 à 25€
  • 18-20 mai, 20h30, Le Monfort 10 à 28€

Et aussi :

  • 29 avril, 19h, Alfortville 12 à 20€

Toutes les dates de Sébastien Barrier ici.

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