Conférence Archéoclub : L’Histoire commence en Mésopotamie, coulisses d’une exposition d’archéologie

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L’Archéoclub a accueilli, ce mercredi 7 Décembre, Ariane Thomas, conservatrice au musée du Louvre et responsable des collections mésopotamiennes, pour nous présenter l’exposition l’Histoire commence en Mésopotamie dont elle est la commissaire. L’exposition a ouvert au Louvre Lens depuis le 2 Novembre 2016 et sera ouverte jusqu’au 23 Janvier 2017. Entrons dans ses coulisses…

Tout d’abord, il faut distinguer trois types d’expositions :

  • Les expositions académiques : les grosses expositions lourdes qui traitent d’un sujet bien approfondi. Ce sont parfois des expositions d’un siècle ou d’un demi-siècle, qu’on ne retraitera pas avant un moment.
  • Les expositions thématiques et synthétiques comme le principe de la Petite Galerie du Louvre.
  • Les expositions pour un plus grand public, à sensation.

Certaines de ces expositions se préparent à l’échelle d’une vie, d’autres auront moins de temps pour être réalisées. La qualité en sera forcément impactée.

L’exposition l‘Histoire commence en Mésopotamie a été réalisée en seulement 1 an et demi… Ariane Thomas nous laisse donc juger des catégories citées dans laquelle elle se trouve ! Cependant, il y a très peu d’expositions concernant l’art oriental. Elle revêt donc une certaine importance dans le monde de la recherche dans ce domaine. Pour pouvoir la mener à bien, il a fallu choisir un titre en cohérence avec une liste d’œuvres qui vont accompagner le propos. Ces œuvres doivent entrer dans le cadre de l’exposition et surtout dans le cadre budgétaire.

Ariane Thomas est responsable des collections mésopotamiennes au Département des Antiquités Orientales du musée du Louvre. Il s’agit de la première collection orientale au monde, constituée dans un musée européen tout à fait moderne pour l’époque. Le musée assyrien est en effet créé en 1881 pour accueillir tous les produits des fouilles menées au XIXè siècle, notamment celles de Tello par Ernest de Sarzec.

Des conditions de réalisation restrictives :

La constitution de cette exposition n’a pas été facile à cause du très court délai. C’était notamment un problème pour le délai relatif aux prêts d’œuvres qui se prévoient normalement au moins 1 an à l’avance. La liste d’œuvres préétablie peut comprendre des œuvres dont on dispose déjà, qu’elles soient dans les salles ou en réserve. On va donc être plus enclins à les prêter pour l’exposition et ça prendra moins de temps. Cependant, il faut vérifier leur état de conservation, voir leur capacité à être transportées tout en évitant de piller les salles du musées.

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Pour éviter d’avoir des salles vides, plus de la moitié des œuvres de l’exposition viennent des réserves du Louvre. Un des inconvénients de cette décision, c’est que ces œuvres sont moins étudiées, pouvant moins parler d’elles-mêmes que les objets exposés. On ne peut pas présenter un fragment d’objet dont on ne sait pas ce qu’il représente. Certaines sont elles-mêmes des fragments issus d’ensembles séparés et ne sont présentables que si on peut les remonter : comme un puzzle qui va être fragmentaire, sans toutes les pièces. Il y a également des séries archéologiques qui méritent parfois d’être présentées mais au prix d’un effort scientifique important d’étude et de rassemblement de lots. Cette étude des séries va souvent de pair avec un effort de remontage qui nécessite beaucoup d’autres corps de métiers que le conservateur seul.

Derrière, il y a aussi des contraintes de temps : si on veut présenter des œuvres en réserve en pierre ou en argile dans un état problématique, il faut faire des restaurations. Dans le domaine de l’archéologie orientale, les sols mésopotamiens étant très salés, les principales restaurations consistent en des dessalements. Les sels réagissent lorsqu’on change les œuvres d’environnement et attaquent la matière sur laquelle ils sont fixés. Il est donc criminel de transporter des œuvres « malades » à Lens ou ailleurs pour qu’elles le soient encore plus. Or, le dessalement est un dispositif extrêmement long… On exploserait alors le crédit de temps et le budget par l’occasion. Cette question de traitement par dessalage des œuvres concerne aussi certaines œuvres en salle.

Liste d’œuvres:

L’état de toutes les œuvres de notre liste doit être vérifié. Eventuellement, on peut envisager des doublures d’œuvres uniques, c’est « l’avantage » des domaines archéologiques, en exposant une œuvre proche, du même contexte et du même type. Certaines œuvres sont en revanche véritablement uniques et irremplaçables qui, si on ne pouvait les intégrer à l’exposition, influeraient sur le message de l’exposition.

Pour la Mésopotamie, la collection du Louvre est très grande et large mais n’est pas complète : elle a des lacunes, comme les collections voisines des états voisins. Il a fallu demander à des prêteurs importants de céder pour l’exposition leurs œuvres, soit considérées comme fondamentales soit pouvant être confrontées aux œuvres du Louvre (entrant dans le registre des œuvres complémentaires). Comme certaines œuvres fonctionnent par paire et se retrouvent scindées entre plusieurs institutions ou collectionneurs, une demande de prêt a donc été formulée à leur égard. Il en est de même pour les œuvres en série.

Sur les 450 œuvres de la liste, 90% viennent du Département des Antiquités Orientales. L’événement exposition permet néanmoins d’avoir des prêts exceptionnels comme les objets des Tombes Royales d’Ur et la tablette du Déluge venant du British Museum, la parure d’une suivante de la reine Puabi et l’autel de Tukulti-Ninurta de Berlin. Etant donné qu’il s’agit d’une exposition réalisée dans l’urgence et avec de nombreuses contraintes, liée à un certain contexte politique, ça peut être l’occasion d’oser faire de nouvelles choses ou de demander des œuvres qui ne sortent pas souvent de leur musée comme la tablette du Déluge.

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Une exposition est une chance pour la collection qu’on a en charge : elle permet de faire un état des lieux global, faire des restaurations, de nouveaux montages etc… A cette occasion, un panneau de briques néo-assyriennes du palais de Khorsabad a été monté et présenté. Ces briques étaient dans les réserves, en désordre, absolument pas parlantes en elles-mêmes. Il a fallu faire une sorte de puzzle permettant de remonter un panneau, certes lacunaire, mais assez classique puisqu’on en a d’autres exemples. Le tout devait être beaucoup plus coloré que ne le sont les briques aujourd’hui, tellement dégradées qu’il ne reste seulement que la trace de l’émaillage.

Bien que l’aspect brillant ait disparu, de même qu’une grosse partie du décor, le conservateur peut en faire une reconstitution virtuelle dans sa tête. L’exposition est alors une bonne occasion pour faire une telle action de remontage car ça nécessite beaucoup de corps de métiers :

  • Un dessinateur pour le dessin de restitution
  • La construction en elle-même, précisément perforée
  • Un scénographe
  • Des ateliers de production en menuiserie
  • Des ateliers d’impression du dessin sur le support
  • Des installateurs et monteurs : ce qui permet aux briques de ne pas être en lévitation par un montage complexe

Une exposition sert également de prétexte à l’avancée scientifique. Elle est l’occasion de revoir des datations par des recherches, des moyens techniques et scientifiques, de réétudier des traductions de tablettes, surtout dans le domaine des antiquités orientales : on a donc souhaité réviser toutes les traductions des tablettes exposées.

Ariane Thomas fait le parallèle entre une exposition et un film. Le commissaire est le réalisateur, les œuvres sont les acteurs. La liste d’œuvre permet d’introduire le nombre de personnages qu’on souhaite. Il y a donc dans l’exposition environ 500 œuvres mais une œuvre « monumentale unique » peut en contenir plusieurs, comme le panneau de briques néo-assyriennes.

Une fois qu’on a ce nombre d’œuvres/d’acteurs qui va induire une certaine densité et à partir duquel on va préciser le parcours, il faut avoir une synopsis/un scénario.

Le scénario :

La synopsis de l’exposition doit venir avant, en parallèle et après la constitution de la liste d’œuvres. Aucune ne se ressemble car elle correspond spécifiquement aux conditions de l’exposition. Elle n’est pas abstraite puisqu’un sujet doit être traité par les œuvres. Le discours théorique du scénario doit être accompagné des témoins matériels, au risque sinon d’avoir une déconnexion entre ce qu’on construit dans le parcours et ce que les gens voient réellement. Il faut donc souvent revoir la synopsis pour la cohésion du discours, surtout après l’établissement de la liste d’œuvres finale.

On peut avoir un propos thématique, chronologique ou mélangeant les deux. Ariane Thomas croit en l’idée et la définition du musée comme un lieu de savoir, de délectation et de découverte. Elle veut donc mélanger tous ces principes dans son exposition. C’est une forme de spectacle, un dispositif de médiation en soit, qui utilise beaucoup de dispositifs divers et réunit les actualités.

Quel que soit le type de discours retenu (scientifique ou vulgarisateur) et surtout son ton, il faut avoir un fil conducteur puisqu’on raconte une histoire : on propose un moment qui peut être pédagogique et/ou de délectation. Si on ne met pas de liant dans ce qu’on dit, on risque de perdre des visiteurs.

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L’archéologie est un état de la science. On avance, on revient et on actualise par les nouvelles méthodes d’analyses et de nouvelles données. Dans l’état de nos connaissances archéologiques, tout ce discours pédagogique peut changer et tout peut être remis en cause. Evidemment, l’exposition traite en plus de régions dont l’histoire actuelle pourrait apporter de nouveaux éléments. De même, peut-être que seront trouvés un jour des vestiges d’une écriture préexistante à celle d’Uruk (mais il semblerait quand même que ce soit peu probable).

Le titre de l’exposition est relié au fil conducteur puisqu’il présente de quelle façon on veut raconter l’histoire. Il faut également que ça accroche : L’Histoire commence en Mésopotamie fait référence à l’apparition de l’écriture qui sort l’Humanité de la Préhistoire pour rentrer dans l’Histoire. L’écriture n’est pas apparue tant de fois que cela dans le monde, c’est donc un marqueur clé, et la première occurrence est en Mésopotamie du Sud avec l’écriture cunéiforme. Elle fut ensuite suivie par des écritures dans les pays voisins, notamment en Egypte.

L’Histoire commence en Mésopotamie est donc une exposition de civilisation qui explique ce qu’a pu être l’ancienne Mésopotamie pendant les périodes historiques. En réalité, il faut prendre en compte que, dans le cadre de l’Orient ancien, l’histoire est beaucoup plus longue. Mais selon le discours qu’on veut tenir et les personnes auxquelles on s’adresse, il faut expliquer les choses de manière large. Même en Mésopotamie, en parallèle des civilisations, dynasties et règnes évoqués lors de l’exposition, il y a tout un tas d’autres évènements : ruptures, bouleversements, etc… Les périodes préhistoriques représentent en revanche un autre type de connaissances et sont beaucoup plus diversifiées, difficiles à suivre et moins accrocheuses pour un visiteur néophyte.

L’idée était d’aller de manière approfondie dans le discours, sans rentrer dans un détail extrême. Pour cela, il fallait faire rentrer le visiteur dans un parcours thématique. Le titre fait référence à des jalons, les premiers connus de l’Histoire, et l’exposition les reprend un par un :

  • Les villes du IVe millénaire
  • L’écriture
  • Les noms de roi
  • L’apparition de l’Etat : c’est en Mésopotamie au IIIe millénaire que vont s’unifier des territoires, tant au niveau politique, économique qu’administratif et social. Se forment des pratiques communes et des échelons de pouvoir qui vont avoir dès le départ vocation à la création d’empires.

La civilisation mésopotamienne est structurée par des rois et l’écriture va être fondamentale et unificatrice, comme un marqueur culturel.

Par ailleurs, il faut parler aux gens de choses qu’ils connaissent et de ce qu’ils ont pu avoir en tête à un moment donné. On a peut-être en effet entendu parler des premières villes, de l’écriture cunéiforme ou des tablettes d’argile ainsi que des lois et des grands rois et empires de l’Orient préislamique. L’idée était de prendre ces éléments, voir les œuvres qui s’en rapprochent et qui peuvent les illustrer plus concrètement, appelant à un approfondissement des connaissances du visiteur, le tout mis en forme dans une histoire continue qui soit représentative et honnête par rapport au sujet donné.

On n’a jamais qu’un seul type de public, au contraire. Par conséquent, une des difficultés, c’est de savoir comment faire pour accrocher au sujet quelqu’un qui n’y connait rien et quelqu’un qui s’y connait presque autant que nous. C’est très difficile et on n’y arrive pas tout le temps. « Les personnes qui vous apprennent le plus sont celles qui savent le mieux vous parler« . Pour favoriser l’accroche du spectateur, on peut apporter des éléments de contextualisation comme des moulages, des maquettes. Ces dispositifs sont souvent considérés comme des éléments pédagogiques un peu datés mais Ariane Thomas voulait privilégier le rapport à l’œuvre : l’hypnose de l’écran risquerait de faire oublier l’œuvre s’il était trop présent. L’exposition permet de faire le rapprochement avec tous ces moyens de médiation, le but étant de projeter le visiteur dans un contexte précis, un temps, un lieu.

A partir du moment où on a l’histoire/la synopsis, la manière dont on va la raconter, une liste d’œuvre sécurisée, on a le plus gros de l’élément. Il manque encore de nouveau le ton employé à l’exposition et les petits plus (+) qu’on veut lui apporter.

La scénographie :

Mais alors, comment assembler tout ça et avec quels moyens ? Les moyens intuitifs et éducatifs doivent être disposés de façon à ce que ça fasse sens. La scénographie propose alors comme de grandes fenêtres avec une vue (photographie agrandie) qui peut aider à la contextualisation du paysage. On retrouve aussi des éléments pédagogiques sur certains cartels, faisant des références entre œuvres et réalisation matérielles actuelles.

Une des vitrines présente des œuvres gravées d’objets ou de scènes avec des objets existants dans les collections et exposés côte à côte. Elle permet ainsi, par l’iconographie, de comprendre visuellement comment les objets exposés étaient utilisés et donc de franchir la barrière assez immatérielle de l’usage. Ceci est uniquement possible dans une exposition : le visiteur comprend encore mieux qu’avec un simple cartel car c’est l’acteur contemporain lui-même qui le présente. Elle donne également des éléments de contextualisation en confrontant des bijoux façonnés avec les pierres brutes qui les composent.

Viste de presse pour l'ouverture de l'exposition: "Tout commence en Mésopotamie". Musée Le Louvre-Lens. Lens. 02-11-2016
crédits Jean-Luc Cornu

Dans le cas de la Mésopotamie, il n’y a parfois rien de mieux que les maquettes pour contextualiser : on peut directement montrer dans le monument d’où viennent les œuvres. Ça permet de pallier au manque de spectaculaire des vestiges archéologiques des sites, car une photo d’un Tell informe (à cause de l’architecture d’argile) ne va pas éveiller l’imagination du visiteur… Une maquette du complexe sacré d’Uruk a d’ailleurs spécialement été réalisée pour l’occasion par des étudiants.

Autre dispositif que les maquettes : la possibilité de développer des guides virtuels électroniques. Par les nouvelles technologies mises à notre disposition, il a été permis de réaliser une visite guidée virtuelle du palais de Sargon II de Khorsabad. Le visiteur est alors projeté dans une architecture et un site qui n’existent plus. C’est pratiquement une œuvre à part entière car c’est un élément fondamental dans la construction du discours, d’ailleurs mis à l’honneur dans les salles. Ce travail est une forme d’archéologie puisqu’il a fallu aller fouiller dans les archives pour trouver des données nécessaires à la reconstitution.

Si le discours est de parler de la Mésopotamie à travers ses grands caractères, le matériel qu’elle a donné et ce que l’archéologue peut trouver, on doit évoquer les séries qui ne prennent leur sens qu’en étant présentée tel quel : c’est un point de vue. Certains vases et céramiques sont donc présentés dans la même vitrine. Individuellement, leur valeur n’est pas extraordinaire puisqu’ils ne vont pas capter l’œil. Au sein de la liste d’œuvres, certaines vont être importantes (avec beaucoup de valeur) et donc vont gagner à être exposées seules, de manière magistrales. D’autres au contraire, vont apparaitre un peu « fades » si on les isole. Il faut donc envisager de leur rendre le mieux honneur par leur réunion qui relève d’un certain aspect visuel, attirant le spectateur.

Il en est de même des sceaux. Parce que les sceaux sont tous petits, Ariane Thomas a souhaité jouer sur les échelles pour inciter le visiteur à les regarder. Une exposition est avant tout créative. Un logiciel qu’elle-même utilise, sur lequel on peut simuler la manipulation d’un sceau cylindre, a été mis en place dans cette salle. Grace à la lumière, on propose de pouvoir les agrandir et de faire jouer la lumière de façon à ce que l’on croit les manipuler nous-mêmes.

Comment évoquer les bibliothèques mésopotamiennes ? On ne va pas reproduire les archives: chaque vitrine/case est un savoir tel qu’il pouvait être représenté dans les temples et les palais. Pour les tablettes, la transmission du savoir et de leur contenu est un peu compliquée : pour les comptes, ce n’est pas trop compliqué, mais les histoires et les récits narratifs faisant appel à la connaissance des personnages ou du contexte, c’est plus dur. Des iPad ont donc été mis à disposition pour proposer la traduction du texte de la tablette.

Bien que les murs soient d’un aspect très coloré tout au long de l’exposition, une pièce aux murs noirs fait dérouler trois rouleaux de peintures assyriennes, donnant l’impression au visiteur d’être immergé dans un palais aux murs entièrement peints et décorés. Dans d’autres salles, les murs jouent également avec l’évocation des redans et refends des temples d’Uruk et de Lagash en argile.

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Une exposition crée l’occasion d’avoir des perspectives qu’on ne peut pas faire dans les musées par restrictions spatiales et chronologiques (allant à l’encontre du discours muséal en question). Ariane Thomas propose notamment deux sculptures de rois mésopotamiens d’un millénaire d’écart.

L’écriture est aussi prétexte à parler de la société mésopotamienne qu’on connait extrêmement bien, voire même mieux que d’autres civilisations antiques. Le parcours se finit sur une approche beaucoup plus chronologique qui séquence en grosses parties l’histoire mésopotamienne, resituant les grands rois mésopotamiens qui sont, pour certains, juste un nom dans l’histoire. Il y a donc une grande frise chronologique sur le mur, inspirée de la Galerie du Temps, avec des cartes qui montrent comment ces territoires se sont étendus au fur et à mesure des empires.

L’exposition se termine sur une présentation générale de la Mésopotamie, notamment avec une collection de photos qui illustrent les territoires syriens et irakiens dès l’invention de la photographie. Parce qu’on en est très loin et que c’est un monde assez éloigné, Ariane Thomas souhaitait faire voyager virtuellement le visiteur dans les différents sites de la Mésopotamie, géographiques ou historiques, avec des photos de 1850 à nos jours. Le musée est alors une sorte de voyage dans le temps et l’espace. Le temps est une réalité mais c’est surtout une reconstitution, comprenant aussi les propres reconstitutions et la subjectivité des populations des différentes époques. On montre alors là un territoire qui a aussi fluctué même à nos jours.

Il y a toute une part d’imaginaire : l’histoire est subjective mais grâce au propos scientifique et les moyens de communication, on va la faire connaitre. Au début de l’exposition, la commissaire a trouvé judicieux de faire un panorama de l’imaginaire qui s’est construit autour de la Mésopotamie antique. Ce type de vision historiographique manque à beaucoup d’expositions, alors qu’il correspond à l’idée du musée comme lieu de plaisir où on doit déambuler dans ses propres idées.

La première section est donc consacrée à l’histoire des fouilles avec des archéologues enthousiasmés par les mythes, les personnages historiques et la Bible. On a fait la part à ces légendes et surtout aux hommes qui ont participé à la redécouverte. C’est aussi une manière de rappeler que les œuvres présentées ici viennent de fouilles. Un deuxième volet visuel présente un mélange de mythes, de légendes, de théâtre, de Beaux-Arts…, à différentes époques, le tout en musique. L’idée prééminente était qu’on va être plus ouvert à quelqu’un qui va d’abord vous être présenté. C’est donc une introduction.

Une fois qu’on a ses acteurs/ses œuvres, son ton, le rythme que l’on veut donner (qui passe par les outils, la scénographie, le type de spectacle), la vraie question à se poser est à qui on veut s’adresser ? Ariane Thomas veut s’intéresser à tout le monde et communiquer aux plus savants d’entre eux des tas d’éléments nouveaux sur telle ou telle œuvre. Les cartels présentent également différents niveaux de discours avec des dates à degrés de précision.

Crédits photographiques : Séverine Courbe, La Voix du Nord (sauf précisé)


Plus d’informations : mesopotamie_horizontale_50

Exposition l’Histoire commence en Mésopotamie, Louvre-Lens, 2/11/16-23/01/17.

Prochaine conférence de l’Archéoclub : Ecriture et Pouvoir en Egypte et au Levant, avec Dominique Farout, le 19 Janvier à 18h en amphithéâtre Michel-Ange.

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