Le Palais des Beaux-Arts de Dijon

Logé en plein centre-ville dans une bâtisse assez grande pour accueillir la mairie et le musée des Beaux-arts, celui-ci se trouve au cœur de l’histoire de la région, fief des ducs de Bourgogne qui ont eu une grande influence au Moyen Age. Comment le musée des Beaux-Arts de Dijon part-il de l’Histoire locale pour proposer une ouverture sur l’art au Moyen Age ?

La découverte d’une Histoire grandiose

La Bourgogne, n’a pas toujours fait partie du territoire français ; en fait elle s’est même imposée en tant que puissance au Moyen Age, notamment sous le règne de Philippe le Bon (grand amateur d’art qui a également été un mécène, il a d’ailleurs fait construire à Lille le palais Rihour dont il ne reste presque plus rien aujourd’hui, et soutenu Jan van Eyck), qui a annexé tellement de terres allant jusqu’aux Pays-bas en passant par le Saint Empire Germanique, au point de parler d’Etat bourguignon, créant également un ordre de chevalerie, l’ordre de la Toison d’or, et imposant partout des insignes, diffusant des portraits, et au passage la force de son duché.

La maison de Bourgogne était alors riche et puissante, ce qu’on peut encore voir non seulement dans la décoration des épées et couronnes, mais aussi par leurs tombeaux : rénovés, et très ornés : ils sont constitués d’albâtre et de marbre polychrome, les gisants complètement peints et dans des manteaux rappelant la royauté française ; deux anges tiennent un casque et un lion est lové aux pieds de la statue, symbole de la force et du courage du duc défunt, dont le nom et la fonction sont gravées. Cependant, ce ne sont pas les véritables tombes : les ducs sont enterrés ailleurs, à Champmol. Ainsi, le musée des Beaux-Arts de Dijon propose une introduction historique à l’histoire de la région, en se servant de l’Histoire de l’art, les dirigeants en étant friands, ce qu’on peut par exemple voir par la qualité d’un retable entièrement recouvert d’or, et relatant la passion du Christ.

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Tombeau de Jean Sans Peur et Marguerite de Bavière, par Jean de la Huerta et Antoine le Moiturier, 1443-1470, et au fond tombeau de Philippe le Hardi, par Jean de Marville, Claus Sluter et Claus de Werve, 1381-1410.

Un palais en cours de rénovation

Et, tout est fait dans ce musée pour rappeler la grandeur des ducs, chose plutôt logique étant donné que le musée est installé… Dans l’ancien palais ducal, en plein centre de la vieille ville de Dijon, ce qui explique à la fois la taille -grande- de l’endroit (trois étages uniquement pour la partie médiévale, le musée étant actuellement en pleine rénovation ; et rappelons que l’Hotel de Ville se trouve également dans ce même palais) l’allure extérieure ainsi que certains murs, ou plafonds : même si les murs sont globalement peints de couleur unie pour bien mettre en valeur les œuvres, on peut parfois voir des dorures ou de grandes cheminées, et des murs entièrement de pierre, rappelant le passé du lieu.

Sur l’audio-guide, des explications sont d’ailleurs proposées concernant le musée en lui-même en plus des œuvres exposées, chacune mise en valeur et différenciée de sa voisine ; ce qui n’empêche pas la collection d’être riche et diverse : plus que de se préoccuper uniquement de la Bourgogne, de ses ducs et de ce qu’ils ont aimé en art, une ouverture est ainsi proposée au dernier étage sur l’art et la civilisation du Moyen-Age en Europe.

Les explications du Moyen-Age en Europe

Toujours en partant de la Bourgogne et des échanges qu’elle a pu avoir avec d’autres régions européennes -ou non-, la collection permanente s’achève par un exposé général sur l’Histoire de l’Art au Moyen-Age, traitant aussi bien des techniques utilisées (comme la peinture sur bois, les impressions de profondeur données par les couleurs ou les influences exercées par d’autres régions du monde, comme le fond en or d’inspiration directe de l’art byzantin). L’art du Moyen Age étant principalement un art chrétien, on peut aussi avoir des explications sur l’iconographie. Mais également sur les échanges, faits avec l’Espagne sous domination ottomane, donnant ainsi un aperçu des arts de l’Islam ; ainsi que de la guerre en Europe vers 1500 avec une salle remplie d’armures et d’armes.

Le musée des Beaux-arts de Dijon est grand et, en ne se concentrant pas uniquement sur Dijon malgré l’histoire riche de la région, plutôt complet, les 2A de l’EDL seront sûrement surtout intéressés étant donné que les parties Antiquité, XVII et XVIIIe sont encore en rénovation et ne seront accessibles qu’en 2019.

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