Le château d’Hardelot, un bout d’Angleterre sur la Côte d’Opale

Le château d’Hardelot se situe à Condette dans le Pas-de-Calais et appartient au Centre Culturel de l’Entente Cordiale, association franco-britannique qui puise son nom dans le Traité de « l’Entente Cordiale » signé en 1904 entre les deux pays pour une paix éternelle et prospère.

L’Histoire

img_4780Ce château voit ses première pierres posées au IXème siècle mais il n’en reste rien aujourd’hui mis à part l’emplacement. Il s’agissait d’un lieu fortifié, poste de surveillance pour prévenir l’arrivée des ennemis. C’est un endroit stratégique : il est près de la mer, sur la route reliant Amiens à Boulogne-sur-Mer… De plus, il est fort apprécié par les nobles pour sa grande forêt largement prolifique pour la chasse mais aussi par les militaires car il s’agit d’un poste important lors des nombreuses guerres. On peut le considérer comme un château totalement franco-britannique car il a passé au total plus de deux siècles sous la dominance de la couronne.

Au fil des siècles et des batailles, le château a appartenu de plus en plus aux locaux qui en firent une exploitation agricole et tomba petit à petit en ruines. Il fut confisqué à la Révolution puis vendu comme de nombreux biens patrimoniaux. Le nouveau propriétaire le revendit en 1848 à un anglais se nommant Sir John Hare qui le rénova. En 1865, c’est au tour du capitaine Henri Guy de l’acheter et c’est grâce à lui que l’on doit sa structure actuelle de style néo-gothique. En 1897, il est vendu à John Robinson Whitley, créateur des stations balnéaires du Touquet et d’Hardelot-Plage. Cet homme fit faillite après la Première Guerre Mondiale et le château fut vendu à l’abbé Bouly qui en fit un hospice, chose non étonnante puisque lors de cette guerre, il avait été transformé en hôpital militaire. Cet abbé légua le château à sa mort en 1958 à une association locale puis le village de Condette en prit possession. Il a été rénové il y a quelques années puis héberge depuis juillet 2014 le Centre Culturel de l’Entente Cordiale.

Les pièces

Ce château recèle de nombreuses pièces qui ont été aménagées pour la visite mais montrant tout de même du beau mobilier. Le but est de thématiser les pièces pour raconter un pan de l’histoire du château mais aussi de la relation entre les anglais et les français. Il est entouré d’un jardin et a comme nouveautés un théâtre élisabéthain permanent et un espace d’exposition temporaire. Des dispositifs de médiation numérique sont mis en place pour aider à la compréhension chronologique. Ainsi, dans le hall, un écran installé dans le billard projette un court film sur l’histoire du château de ses origines à nos jours, tandis que dans le fumoir est présenté un cadre à l’apparence ancien faisant défiler une animation de la broderie de Bayeux, rappelant le rôle du château lors de la guerre de Cent Ans. On remarque tout au long de la visite des petits détails comme la pose de chardons séchés pour empêcher les personnes de s’asseoir sur les sièges anciens. Tout est harmonieux et rien ne gâche l’effort de reconstitution. Il est possible de visiter une dizaine de pièces regorgeant d’objets et œuvres d’art aussi divers que variés.

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L’ensemble du château est néo-gothique et beaucoup d’objets sont originaires d’autres lieux. Par exemple, le mobilier du salon est un dépôt du Centre des Monuments Nationaux et provient du Château d’Azay-le-Rideau.

Il y a aussi une forte empreinte britannique. Par exemple, le canon de la salle à manger qui est un cadeau de la reine Victoria à Napoléon III en signe d’amitié et de paix ; ou encore les portraits photographiques de la reine Elizabeth II et du prince Charles dans  la bibliothèque.

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Focus sur John Robinson Whitley

John Robinson Whitley est un l’homme anglais entrepreneur typique du XIXème siècle. Certains industriels anglais aimaient construire des sortes de mini-empires sur le long des côtes du Nord de la France qui étaient prisées par un tourisme anglais.

Il est né en 1843 dans le Yorkshire. Son père était aussi un industriel à Leeds. Il fut un des premiers à commercialiser et à promouvoir le linoléum et ce jusqu’à New York. Mais cet homme a de multiples facettes et après la faillite de ses ventes, il aida Louis Le Prince, qui était son beau-frère, à commercialiser la toute première caméra à film. img_4807Ensuite, il demanda à Buffalo Bill d’exporter son spectacle Buffalo Bill’s Wild West à Londres. Grâce à cet argent gagné et au mécénat de Louis Pasteur, Arthur Sullivan et Sarah Bernhardt, il acheta des terres sur le bord de mer et construisit une ligne de chemin de fer reliant l’endroit à Boulogne. Il nomma cette station balnéaire haut-de-gamme Mayville qui ouvrit sous le nom du Touquet en 1902. Il se retira peu de temps après ce succès et se tourna vers son château acquis en 1897 qui n’était autre que le château d’Hardelot. Il
voulut le transformer en hôtel-restaurant puis finalement, les terres autour furent investies par de grandes villas vers 1905, Hardelot-Plage était créé. Des personnalités comme Louis Blériot y construisirent la leur. La Première Guerre Mondiale stoppa ces activités et en 1919 Whitley vendit le château et mourut en 1922. Aujourd’hui, il est possible d’observer une reconstitution de son bureau dans le château avec de nombreux effets personnels lui ayant appartenu.

Sources : Le Château d’Hardelot par Stephen Clarke aux éditions SilvanaEditoriale.
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