Élève et professionnel #1 Grégoire Ichou, le ténor conférencier

Grégoire Ichou, 27 ans, est un homme aux multiples facettes. Ténor, professeur de chant, guide-conférencier, il est aussi élève à l’Ecole du Louvre en Master 2 Médiation culturelle.

cyrkd1lxeaaxar8-jpg-largeSa passion pour le chant remonte à son enfance, lorsqu’il faisait partie d’un chœur de conservatoire avant de devenir soliste. Du côté des études, la musique ne le quitte pas. Il obtient une licence de musicologie à la Sorbonne Paris-IV puis une licence pro de guide-conférencier à l’université Paris-Est avant de faire un master 1 d’Histoire de l’Art à Paris-I sur les portraits des chanteuses d’opéra du XVIIIe siècle. Aujourd’hui, c’est à l’Ecole du Louvre qu’il enrichit son parcours après avoir vogué entre l’Ecosse, l’Italie, l’Espagne et l’Autriche. Qui est donc cet étudiant parisien passionné par les langues et la musique ?

Peux-tu nous expliquer en quelques phrases ton projet de conférence-concert ?

Mon projet est de réunir, au sein de conférences en salle ou de visites, un public autour d’une thématique centrale qui elle-même peut être assez variée avec des explications historiques, des anecdotes insolites, des extraits littéraires et des morceaux musicaux que j’interprète moi-même en direct. C’est le principe de base qui est assez malléable dans la mesure où cela peut être accompagné par un(e) pianiste ou par des accompagnements enregistrés. Elles durent le plus souvent une heure et demie.

Mon travail est une recherche de conférencier en Histoire et Histoire de l’Art et presque une recherche de musicologue car je cherche des œuvres parfois méconnues pour m’adapter au plus près de la thématique. Je m’interdis d’utiliser un morceau seulement parce que je me dis qu’à tel endroit du parcours ou du discours, il faut qu’il y ait de la musique. La musique peut être un lien mais il faut que le lien soit argumenté et argumentable.

Comment l’idée de ce projet t’est-elle venue ?

Quand j’ai fait ma licence de guide-conférencier en 2012-2013, j’ai dû écrire un mémoire professionnel que j’ai consacré à ce que j’appelais « la visite totale » en référence à l’oeuvre d’art totale wagnérienne, c’est-à-dire l’idée d’une visite au cours de laquelle j’intégrais des éléments de littérature, d’histoire, d’art visuel etc mais aussi des morceaux chantés. Cela restait de l’ordre du théorique. J’argumentais dans ce mémoire, et cela reste important pour moi, la richesse au niveau de l’intérêt cognitif de ces visites en utilisant différentes modalités sensorielles. On peut permettre au public de mémoriser et de comprendre plus facilement car chacun est sensible plus ou moins à tel ou tel sens, à tel ou tel art.

Quelles ont été tes premières conférences-concert ?
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© gregoireichou.com

Les premières conférences-concert que j’ai réalisées c’était il y a deux ans et demi. Je suis vraiment dans une phase de développement, cela marche de mieux en mieux car les associations pour lesquelles j’ai déjà travaillé ont toutes été satisfaites et j’en suis ravi. Elles me demandent de revenir pour les mois ou années suivants. J’espère que cela se développera encore plus dans les années à venir. Les premières, et les plus demandées, sont des conférences-concert sur des quartiers de Paris. Elles prennent la forme d’un parcours virtuel dans les rues au cours duquel on raconte la petite et la grande histoire du quartier. Les trois que je fais le plus sont le quartier de Montmartre, le quartier du Marais et le quartier des Halles.

Tu es donc le seul à proposer ce genre de concept ?

A priori je suis le seul dans la mesure où il y a quelques événements qui s’appellent « conférences-concert » mais souvent ce sont des conférences qui n’évoquent que la musique et ce n’est pas toujours la même personne qui est conférencier et musicien. Ce type de conférence-concert dans cette définition précise n’existe pas, cela existe peut-être quelque part, je ne me permettrais pas de dire que j’ai tout inventé [rire].

Les thèmes que tu proposes dans ces conférences-concert sont des inventions de ta part ou des commandes des clients ?

Jusqu’à présent, les conférences-concert qui m’ont été demandées étaient sur des thématiques qui sont déjà sur mon site internet. Je suis assez demandeur de répondre à des commandes mais après c’est à moi de faire des recherches préalables pour voir si la thématique commandée peut être développée dans le format conférence-concert car je veux de la qualité. C’est possible pour un très grand nombre de thématiques et c’est cela qui me plait. Par exemple, je suis en dialogue avec des musées dans le cadre d’expositions futures et celles-là seraient des commandes de thématiques auxquelles je n’avais pas pensé à priori.

Quelle est ta spécialité au niveau histoire de l’art ? Et au niveau musical ?
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Francis Poulenc (1899-1963)

Je me considère comme un généraliste en tant que conférencier et c’est justement le dialogue des arts qui m’intéresse. Pour la musique, c’est celle lyrique de toutes les époques, je reste fidèle à mon ouverture. Francis Poulenc est sans doute mon compositeur fétiche.

Le choix de tes morceaux est-il quelque chose de précis ou est-ce de la musique au sens large ?

Pour les morceaux j’essaie de varier. Il y a de tout, depuis un chant templier du XIIe siècle jusqu’à des chansons populaires du XXe siècle. Il y a de la chanson francophone, anglophone et pas seulement du lyrique. C’est très varié parce que, lorsqu’une conférence-concert est sur un quartier, on rencontre de tout. Les liens peuvent être esthétiques, chronologiques, géographiques…

As-tu de bons retours de ton travail ?

Disons que jusqu’à présent, toutes les personnes qui sont venues me voir après les concerts, que ce soit le public ou les organisateurs, ont toujours été très satisfaites. Les deux preuves les plus objectives sont qu’ils me recommandent pour la saison suivante et qu’ils sont toujours dans leur fourchette haute de nombre de spectateurs par rapport à leur chiffre habituel. Par exemple à Chartres pour l’Université Chartraine du Temps Libre il y avait environ 400 personnes et à Royan près de 300 personnes.

Combien de temps cela te prend-il de préparer ces conférences et de les réaliser ?

C’est compliqué car cela dépend si c’est une période où je dois créer une nouvelle conférence-concert ou non. Il y a un gros travail de recherche comme tout conférencier et cela peut demander un nombre quasi illimité d’heures de travail, de l’ouverture à la fermeture des bibliothèques. Mais si je suis dans une période où je dois me remettre en tête et en voix une conférence-concert que j’ai déjà donnée, cela représente quelques heures par semaine. De toute façon c’est un travail très régulier comme tout musicien.

Des institutions t’ont-elles déjà contacté ? S’agit-il d’un cercle parisien ou est-ce au niveau de la France entière ?

capture-decran-2017-01-13-a-15-16-50Pour l’instant je suis dans une phase de développement. Les premières années j’étais toujours dans une sphère parisienne puis cela s’est élargi. Par exemple, je vais à Calais, Saint-Cloud, Royan, Rochefort, Chartres… J’essaye de développer, m’adresser à de plus en plus d’associations mais aussi à des institutions, des musées… Éventuellement j’aimerais m’adresser à des comités d’entreprise ou à des particuliers qui souhaiteraient une conférence-concert à la carte et qui ont chez eux l’espace suffisant. C’est un format qui est tellement adaptable et j’ai vraiment envie de faire à fond ce travail de médiateur et de m’adresser à différents publics. C’est tout un travail d’adaptation de mon discours. Jusqu’à présent c’est un public relativement âgé mais toujours dans cette idée de malléabilité de ce projet, on peut utiliser plusieurs types de musique plus ou moins faciles d’accès. C’est adaptable dans une certaine mesure aussi, selon moi, pour un public jeune ou enfant mais cela dépend de la thématique choisie.

Pourquoi avoir choisi de rejoindre l’Ecole du Louvre ?

Parce que je voulais approfondir mes connaissances et mon parcours en tant que médiateur. J’ai la carte professionnelle de guide-conférencier mais je n’avais pas au sens plus large un diplôme de médiateur culturel. C’est vrai que la médiation culturelle plus généralement me passionne dans ses différents aspects et pas seulement dans les conférences et plus précisément dans les conférences-concert mais aussi dans la médiation écrite, humaine, numérique… Je suis ravi d’avoir fait ce choix car on rencontre un nombre impressionnant de professionnels. C’est très riche et me permet d’enrichir mes connaissances et mon propre projet personnel et professionnel.

Est-ce qu’il est facile d’intégrer les cours à sa vie professionnelle ?

Oui pour l’instant cela se passe bien car j’ai réussi à m’organiser assez bien pour que les conférences-concert que je donne ne tombent pas, ou rarement, pendant les cours.

Utilises-tu tes cours pour ton activité professionnelle et vice-versa ?

J’utilise en partie mes cours d’Histoire de l’Art et d’Histoire de la Musique que j’ai eus à l’Université mais sinon je me réfère plus souvent aux ouvrages que je trouve dans des bibliothèques tel un bon vieux chercheur. En tout cas j’ai eu la chance de présenter mon concept de conférence-concert devant ma classe, dans le cours de Mme Frédérique Leseur pour justement en discuter avec eux. Cela a été assez riche d’enseignement et je suis ravi que l’on m’ait permis de faire ça dans ce cadre.

Est-ce que tu reçois de l’aide de la part des élèves de l’Ecole, des professeurs ou de l’administration ?

De la part des autres élèves j’ai un soutien amical. Quelques camarades ont bien voulu être mes cobayes pour certaines conférences-concert et ils ont été ravis. Sinon, j’ai eu des conseils de la part de Delphine Winicki par rapport à ma communication numérique qui depuis s’est développée et enrichie. J’ai reçu des conseils de la part de Mme Leseur qui a écouté de façon bienveillante la description de ce projet tout en me donnant des conseils assez constructifs.

Si un élève te demandait conseil pour un tel projet, que lui dirais-tu ?

Il faut savoir si c’est un élève qui est chanteur lyrique ou non. S’il ne l’est pas et qu’il souhaite faire des conférences-concert, je lui conseillerais de prendre des cours de chant. Plus généralement, je lui déconseillerais de faire la même chose que moi. Je lui conseillerais de trouver sa propre originalité. Comme ça, on peut prendre du plaisir à le faire.

Si tu devais décrire ton projet en trois mots, quels seraient-ils ?

Passion. Travail. Transmission.

Vous pouvez trouver de plus amples informations sur le travail de Grégoire Ichou sur son site internet http://gregoireichou.com/ mais aussi sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter.

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