Le musée des Beaux-Arts de Valenciennes

Les briques rouges qui apparaissent de plus en plus tout au long du chemin, les rayons du soleil qui se faufilent derrière les terrils et le paysage qui s’enfuit à perte de vue au dessus des champs… Vous devez sûrement être dans les alentours de la région des Hauts-de-France. La ville de Valenciennes, à 2h de Paris, juste à côté de la frontière belge, est un des chefs-lieux de l’art de la région avec ses célèbres sculpteurs et dessinateurs. L’occasion de ne surtout pas rater son musée des Beaux-Arts, ouvert depuis 1801 avec les collections de l’Académie Valenciennoise de peinture et de sculpture. Bien enrichies depuis, d’étonnantes surprises vous y attendent !

Situé sur le boulevard Watteau à l’emplacement de la place Verte, le musée a été construit au début du XXe siècle à l’issu d’un concours réservé aux architectes de Valenciennes. Les collections y ont été déplacées, alors que le musée se trouvait jusque-là dans l’Hôtel de Ville. Avec sa grande verrière et sa façade de briques roses et de calcaire, le travail de Paul Dusart a été retenu. Le petit parc et le bâtiment séduisent déjà.

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Saint-Jacques le majeur et le magicien Hermogène, suiveur de Jérôme Bosch, vers 1650

La toute première salle du musée est consacrée aux peintures des XVe et XVIe siècles.

Le tableau d’un suiveur de Jérôme Bosch retient notre attention : c’est Saint Jacques le majeur et le magicien Hermogène. On remarque l’amusante et déroutante apparence des démons se présentant à Hermogène, qui ressemblent à des insectes géants.

A la fin de la galerie, on arrive directement dans la grande salle Rubens, deux gigantesques tableaux du peintre bornent l’endroit de chaque côté de la salle, avec une troisième oeuvre au centre, un Triptyque de Saint Etienne. On est directement saisi par la grandeur et la luminosité qui se dégagent des œuvres sous une grande verrière.

img_20161230_163012Sur de confortables sièges, on peut observer Elie au désert mais aussi Le triomphe de la foi catholique, un carton de tapisserie, dépôt du Louvre de 1957. Un détail nous intrigue : pourquoi cette figure féminine, en bas à droite, a-t-elle une poitrine pourvue de 5 seins ? C’est Diane, symbole de la nature et de la fertilité, assimilée comme cela par les Romains à la place d’Artémis. Accompagnée d’autres allégories de symboles païens, elle courbe le dos derrière le char qui soutient la religion, représentée par cette femme en rouge.

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Le Triomphe de la Foi catholique, P.P. Rubens, 1577-1640

La visite continue : s’enchaînent des œuvres du XVIIIe siècle, des portraits et des natures mortes et on arrive sous la grande verrière du salon Carpeaux, au centre du musée. La farandole de sculptures, esquisses et études de terre cuite est un régal pour les yeux. Carpeaux, sculpteur, peintre et dessinateur du XIXe siècle, originaire de Valenciennes et lauréat du prix de Rome en 1854, a offert une grande partie de ses œuvres au musée des Beaux-Arts de sa ville natale. Entre peintures et sculptures de commandes officielles, notre appétit est comblé pour observer l’œuvre de l’artiste. Des petites études en terre cuite à peine modelées aux sculptures fines et réalistes finies, on apprécie de voir l’évolution du travail de l’artiste et de pouvoir les observer de près, avec la série de portraits sur la Place Carpeaux.

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Vous pouvez faire un détour dans la crypte archéologique située en dessous de la Place Carpeaux. Y sont rassemblées certaines pièces découvertes sur les sites archéologiques de Valenciennes et ses environs. De la fin de l’époque néolithique jusqu’à l’époque mérovingienne dont la région du Cambrésis fut un haut-lieu politique, on retrouve de la vaisselle de bronze du quotidien, des amphores et peintures murales de villas gallo-romaines de la région mais aussi des objets de culte à l’effigie de dieux celtes.

img_20161230_170728Et là, au milieu de ces petits trésors archéologiques, on a la surprise de découvrir un fermoir d’aumônière avec des grenats montés au cloisonné, découvert dans la ville de Famars, juste à côté de Valenciennes. Un fermoir tout à fait semblable au fermoir d’aumônière de Saint Dizier et de celui de Lavoye qui est exposé au musée d’Archéologie Nationale de Saint-Germain-en-Laye. On a retrouvé une série de fermoirs semblables, se ressemblant sur plusieurs points dans la technique employée et ils feraient en fait partie d’une série qui aurait été produite par un même atelier d’orfèvres.

Terminez par les galeries du XIXe et du XXe siècles, encore remplies par un grand nombre d’œuvres. On s’est arrêté sur l’une d’elle : Intérieur d’atelier d’Abel de Pujol, exécutée par la femme et élève de l’artiste valenciennois, Adrienne Grandpierre, en 1856. Outre les tableaux thématiques de l’artiste placés au fond de l’atelier, on remarque certains plâtres ou moulages antiques, et en particulier, placée derrière une toile sur pieds au fond à droite, une copie du célèbre Silène portant Dionysos enfant découvert à Rome et présentée dans la salle des Caryatides au Louvre.

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Intérieur d’atelier d’Abel de Pujol, Adrienne Grandpierre, 1856.

Si vous n’êtes pas encore rassasiés, profitez-en pour aller voir l’exposition Merci pour les restes ! jusqu’au 19 Février 2017. Elle présente les habitudes alimentaires du XIVe au XVIe siècle des Valenciennois, basées sur les études archéologiques des fosses alimentaires découvertes à Valenciennes. Au menu : reconstitution des repas en fonction de la classe sociale, présentation d’ustensiles et vaisselles trouvés à Valenciennes, reconstitution 3D des rues de la ville et des intérieurs avec cuisine et salle à manger mais aussi une petite histoire du commerce du vin de la région à la fin du Moyen-Âge. De quoi éveiller les papilles des petits comme des grands !

Enfin, l’entrée aux collections permanentes et aux expositions temporaires sont gratuites pour les élèves en histoire de l’art et en arts appliqués. Si vous croisez Valenciennes sur votre chemin, vous êtes assurés d’y passer un bon moment !
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