Peaky blinders, des lames de rasoir et du rock dans une Angleterre post-première guerre mondiale

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Depuis quelques années, le nombre de séries sur un fond historique se multiplie. Ayant vocation de conter l’histoire (Tudor, Rome, the White Queen) ou juste d’utiliser un cadre spatio-temporel assez attrayant (Outlander), leur multiplicité démontre un certain goût pour les séries historiques. Peaky Blinders fait partie de celles-ci. Diffusée depuis 2013 sur BBC Two, elle compte actuellement trois saisons chacune de six épisodes. L’histoire, se base sur un groupe de criminel qui a bien existé dans l’Angleterre du début XXème ; même si la série se démarque énormément de la réalité des faits.

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  1. Des gangsters à Birmingham

L’histoire se déroule au début du XXème siècle à Birmingham, en Angleterre. Les Peaky Blinders sont un groupe de gangsters, anciens gitans, basant leur petite entreprise sur les paris de courses de chevaux. Dit comme cela on pourrait penser que tout va rapidement tourner en rond sauf que n’oublions pas l’époque : le début du XXème siècle. Les indépendantistes irlandais faisaient déjà rage, on a donc des soupçons de trafic d’armes ; les communistes et syndicalistes se battent pour de meilleures conditions de travail… Et surtout la police ne peut rester devant toute cette illégalité sans rien faire. Les deux premières saisons se concentrent donc sur la lutte entre les Peaky fucking Blinders (la famille Shelby composée de trois frères, de la sœur Ada et de la tante Polly), avec à leur tête Thomas Shelby, contre la police anglaise spécialement mandatée par le roi. Le scénario est ainsi à la fois complètement imprévisible, et prend en compte de nombreux facteurs historiques, pour donner une certaine complexité qui a été acclamée par la critique anglaise dès les débuts (que ce soit dans The Guardian ou The Independent, la série en France n’étant diffusée que sur Arte. Cependant de nombreux prix ont été gagnés au fil des saisons, que ce soit des BAFTA pour les costumes ou la réalisation, ou d’autres moins connus. De plus, contrairement à d’autres séries Peaky Blinders est très loin de s’étioler au fil des saisons, chaque épisode de la saison 3 est au moins aussi puissant que ceux de la saison 1 ; on peut même penser qu’il y a une montée en tension et intensité au fil du temps.

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  1. Une bande-son volontairement anachronique

La première chose qu’on retient devant Peaky Blinders, n’est pas uniquement l’image ou le scénario ni même le jeu des acteurs, mais bien ces musiques utilisées, toujours du rock, qui n’ont strictement rien à voir avec l’époque tout en étant essentielles au sens où elles contribuent à poser une ambiance forte. Dès le générique (Red Right Hand de Nick Cave and the Bad Seeds) [https://www.youtube.com/watch?v=KGD2N5hJ2e0] on est immergé dans un environnement à la fois mystérieux et centré autour d’un seul personnage qu’on ne pourrait à première vue approcher. Beaucoup de musiques des Arctic Monkeys sont également utilisées ; et de fait la musique est constamment présente que ce soit lors des scènes de négociations, de violence, ou de tension entre les personnages ; mais jamais on n’allège l’atmosphère, le but premier est toujours d’accentuer ces moments par des airs qui, sans prendre trop de place sont présents dans la majeure partie des scènes, et participent à l’intensité des images à l’écran.

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  1. Une image digne d’un enchainement de tableaux

Une autre chose remarquable dans cette série, est bien évidemment la qualité de tout ce qui est relié à l’image ; que ce soit les costumes, les couleurs, les jeux de caméras ou la réalisation en elle-même : tout retient notre attention, presque chaque seconde de la série vaudrait de faire un arrêt sur image pour pouvoir mieux observer ce qu’on a devant les yeux. Si beaucoup de scènes en ville sont sombres, presque avec un effet gris (sûrement ajouté pour rappeler la pollution permanente de cette ville industrielle) celles dans la campagne sont tout aussi belles, et toujours aussi colorées, les jeux de lumière étant omniprésent. Chaque mouvement est pensé, chaque entrée, chaque geste d’un personnage vers un autre. Et, les acteurs jouent très bien. Le rôle principal (Thomas, le chef des Shelby) est tenu par Cillian Murphy (qu’on a pu voir dans Inception), et les autres sont moins connus mais tout aussi bons. Chaque personnage (même les personnages féminins alors qu’elle auraient pu facilement être mise de côté sous prétexte qu’il s’agit d’un univers dominé par les hommes) est fort, complexe, bien pensé avec ses propres blessures et une personnalité se démarquant des autres. Tous doivent se battre pour vivre, dans un univers qui ne laissera absolument rien passer. Les antagonistes ne pas mis de côté ; et on évoque des thèmes aussi forts que les traumatismes ou le deuil. Rien n’est laissé au hasard, ce qui fait que cette série peut séduire énormément de monde, pour peu qu’on aime les univers intenses, et tout le côté intellectuel de certains personnages.

Cette série est donc un très bon moment à passer ; en plus de la voir sur Arte on peut aussi la retrouver sur le Netflix français. Les saisons 4 et 5 ont été commandées par la chaine, ce qui fait qu’on peut s’attendre à avoir des épisodes au moins jusque 2018.
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