L’Espérance et la Douleur d’Armand Point, un combat du Plus Grand Musée de France

Aurore, Eléonore, Margaux, Sibylle, Nadia et Anaëlle sont membres du mouvement le Plus Grand Musée de France. Aujourd’hui, elles nous font part de leur découverte qu’elles aimeraient sauver : L’Espérance et la Douleur d’Armand Point.

A la découverte d’une perle rare

Il était une fois un idyllique village d’artistes et sa Mairie-Musée tapissée de tableaux et d’œuvres d’artisanat local…

En 2013 est née l’initiative du Plus Grand Musée de France, lancée par l’association La Sauvegarde de l’Art Français. Ce projet est parti d’un constat simple : une grande partie du patrimoine culturel et mobilier qui nous environne se situe dans l’espace public et n’a nul besoin d’un musée pour être élevée au titre d’œuvre d’art. C’est dans cet esprit de réhabilitation du patrimoine local que nous six, étudiantes en M1 à Sciences Po, sommes parties à la recherche d’une œuvre oubliée et menacée.

Plus qu’un chef-d’œuvre, notre exploration nous permit de découvrir un artiste, son phalanstère et une commune ; captivants mais trop peu connus. Après avoir parcouru l’Île-de-France, c’est à Bourron-Marlotte, en Seine-et-Marne, que la magie a opéré. Notre coup de cœur fut immédiat : une ville charmante, des habitants accueillants, des passionnés de patrimoine immédiatement enthousiasmés par notre projet et, enfin, la Mairie-Musée, splendide écrin pour notre œuvre exceptionnelle.

Bourron-Marlotte, joyau de la forêt de Fontainebleau

Nous nous y sommes aventurées sur les conseils d’un spécialiste de l’art, loin de soupçonner ce qui nous attendait. Le passé de cette ville est riche des artistes qui y ont résidé à la fin du XIXe siècle et témoigne d’un foisonnement artistique et littéraire trop méconnu.

Bourron-Marlotte, ville aimée des artistes au XIXe siècle, fut fréquentée par Sisley, Renoir, Monet, Cézanne, Pissarro ou encore Bazille. Elle fut même considérée comme la rivale de Barbizon par des petits maîtres tels qu’Auguste Allongé, Eugène Cicéri, Charles Delort et Arthur Heseltine. Des écrivains trouvèrent aussi l’inspiration dans ce havre artistique : Théophile Gautier, Alfred de Musset, Zola et les Frères Goncourt furent captivés par la ville. De cette grande époque, Bourron-Marlotte conserve quelques splendides hôtels particuliers.

Plus récemment Jean Renoir y tourna son premier film, et y vécut près de vingt ans. C’est un autre amoureux de la ville, Charles Moreau Vauthier, qui fonda en 1906 la saisissante Mairie-Musée. On s’imagine au Salon d’Automne avec les peintures, vitrines et statues rythmant la visite. A travers les époques, les amis des arts sont restés attachés à la ville, enrichissant les collections de cette surprenante mairie par de nombreux dons.

L’Espérance et la Douleur, gloire d’Armand Point et de Bourron-Marlotte

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Mais venons-en à l’origine de notre expédition, notre trouvaille, l’une des plus grandes fiertés de la Mairie-Musée.

Le dessin d’Armand Point, mesurant près de deux mètres sur deux, siège dans la salle des Mariages de la Mairie-Musée. L’Espérance et la douleur, dessin au fusain avec rehauts de craie, a été réalisé après 1891. Il s’agit très probablement du travail préparatoire pour une commande de l’Etat a tempera qui aurait été exposée au Salon de 1896, mais nous n’avons malheureusement aucune trace de cette peinture… 

Cette œuvre, empreinte d’un doux mélange de symbolisme et de préraphaélisme, est donc à ce jour tout ce qu’il nous en reste. La délicatesse du tracé et des drapés, la précision du geste et la finesse du dessin nous ont énormément émues, de même que le lien très fort qu’Armand Point entretient avec la commune de Bourron-Marlotte, dans laquelle il s’est installé en 1892.  En 1896, inspiré par William Morris et son mouvement Arts and Crafts, il y a fondé une confrérie. Y accueillant des peintres, des poètes, des égéries et des artisans de spécialités diverses, il lui donna le nom de l’épée du chevalier Olivier, compagnon de Roland : la société Haute Claire.17439516_808507222640414_2138424627_n

Classée Monument Historique depuis 2015, L’Espérance et la Douleur a malheureusement subi les affres du temps et de la lumière. Le papier est oxydé, coloré et par endroits déchiré. Le cadre, trop ancien, met également l’œuvre en péril et accélère sa dégradation.

Pour préserver ce chef-d’œuvre, nous cherchons maintenant les fonds pour financer sa restauration. Entre les dons de particuliers par formulaire et le crowdfunding sur Dartagnans, nous venons d’arriver à la moitié de l’objectif initial ! Nous cherchons encore 3000 euros, et pensons plus que jamais que les petits ruisseaux forment les grandes rivières. Nous comptons sur tous les soutiens pour permettre la restauration de L’Espérance et la douleur d’Armand Point, et vous pouvez tous aider, en donnant vous-même ou en nous aidant à faire connaître ce beau projet. Même les plus petits dons peuvent faire la différence !

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