113 ors d’Asie, spiritualité et esthétisme façonnés d’or

L’or est un métal rare et lourd de significations non seulement en Occident, où la fascination qu’il a pu exercer a donné lieu à des faits historiques importants, mais de façon moins connue également en Asie. Jusqu’au 16octobre, on peut observer au musée national des arts asiatiques Guimet cent treize œuvres en or, toutes venant de ses collections. Réussissant à démontrer la variété des usages de l’or en tant que matériau, l’exposition tend à synthétiser la signification des objets et du métal en lui-même, si précieux qu’il figure très souvent l’éternité. Cependant « 113 Ors d’Asie » n’est pas surchargée malgré le nombre conséquent de pièces dont certaines statues assez imposantes. Au contraire : de plus petites œuvres trouvent tout de même leur place, éclairées dans un vaste espace quelque peu plongé dans la pénombre et qui réussit à tout mettre en valeur. Venant quelques mois après l’exposition sur le jade, celle-ci présente un autre matériau important dans de nombreux pays d’Asie et ayant des significations et usages multiples.Un or spirituel

La première signification historique et spirituelle de l’or en Asie est qu’il est associé au BouddhaShakyamuni et à d’autres, notamment dans le bouddhisme du grand véhicule qui introduit les bodhisattvas. L’or est ainsi symbole de l’éveil et donc du partage de la loi bouddhique. Les bodhisattavas sont très parés sur leurs statues : ce sont les princes compassionnels de la loi bouddhique, des figures d’importance. Pour accentuer la perfection spirituelle des figures, l’or est aussi utilisé pour créer des offrandes lors de rituels. L’éclat doré à la lumière rappelle pour la haute dévotion la vertu de l’incorruptibilité de l’or. En Chine, où le bouddhisme a pénétré, l’or est également le matériau privilégié pour faire des reliquaires ; on l’utilise notamment sous les Liao (entre 907 et 1115 de notre ère) pour accomplir des rites funéraires.

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L’or esthétique

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L’or, de par sa beauté et rareté, a certes un rapport avec le divin comme on a pu le voir avant mais également un aspect esthétique, d’où son utilisation sur non seulement des statues, mais également dans l’écriture. De plus, il est utilisé sur les peintures bouddhiques d’Asie centrale en tant que rehaut ou pour figurer la carnation. Cela existe surtout aux endroits où le Vajrayana (bouddhisme de diamant) est le plus prégnant.  L’or est utilisé dans l’art où il tend à transcender les frontières comme le bouddhisme a pu le faire mais ne se limite pas à celui-ci. La beauté qu’il porte en lui fait qu’on peut aussi le retrouver comme composant d’œuvres n’ayant que peu trait au spirituel. En effet, on le retrouve aussi, suite à l’influence de l’art de l’Islam, sur des céramiques et des vases vers le XIIIe siècle de notre ère. Il est également à noter que les Moghols, dès leur installation en Inde en 1526, ont aimé l’or comme symbole de luxe.

Cet or transcendant

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Présent comme on a pu le voir dans le bouddhisme qui a dépassé les frontières de l’Inde, le matériau se retrouve notamment en Chine ou au Japon. Cependant la portée symbolique est différente selon les pays. L’or est aussi utilisé pour les écrits philosophiques (charriant une valeur d’importance et de respect) comme on peut le voir avec l’empereur Qialongqui l’utilisait pour graver ses plaques de jade, matériau qu’il affectionnait tout particulièrement. L’écriture à l’or sublime ainsi la quête d’éternité. Elle est présente en Asie bien avant l’invention du papier notamment sur des objets rituels que l’on retrouve dès le IIe siècle avant notre ère en Chine. C’est dans ce pays que l’empereur a l’apanage de la couleur jaune, tout comme il avait pleine possession du jade. Au Japon, l’usage de l’or par l’aristocratie n’est pas trop vite monétaire comme on peut le voir sur les paravents traditionnels comme ceux du peintre Kano Eitoku qui associe les décors à l’encre et à la feuille d’or, l’utilisant alors d’une autre manière que de ce qu’on avait pu observer auparavant. Lors de la montée en force d’une classe citadine riche et éprise de luxe, l’or au Japon est à la fois source de lumière, de santé, de force et de vie ; bien loin de l’utilisation uniquement religieuse qui avait eu lieu dans un premier temps. On apprécie ensuite également l’or pour sa rareté et sa beauté, transcendant les différences culturelles.

Si quelques bases du bouddhisme sont bonnes à avoir afin de comprendre toute l’envergure de ce que nous avons sous les yeux, cette exposition se révèle cependant très complète et accessible à tous. Le visiteur est ainsi laissé au milieu de nombreuses pièces stupéfiantes de beauté, à apprendre histoire et signification dans un voyage entre divers pays d’Asie.

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