Aleksandra Waliszewska : une noirceur qui attire

Il n’y a rien de plus plaisant que d’être surpris par ce que l’on voit, et c’est exactement ce qui se déroule lorsqu’on découvre les oeuvres d’Aleksandra Waliszewska. Mais avant de vous expliquer quelles sont les raisons de ce chamboulement visuel, je vais tout d’abord vous présenter cette artiste.

Née en 1976 à Varsovie, celle-ci s’est formée à l’académie des Beaux-Arts de sa ville natale. Son domaine de prédilection, celui dans lequel elle va s’épanouir, c’est la peinture. Avec elle, elle va créer son propre univers et jouir d’un réel succés puisqu’elle va pouvoir exposer ses oeuvres plus de 20 fois non seulement en Pologne mais aussi à l’étranger. Ses peintures pourront être visionnées dans des ouvrages de collections publiés. En 2013, elle rejoint un groupe de spectacle au centre d’art contemporain à Torùn, puis est selectionnée pour rejoindre un groupe de quatre artistes représentés par la galerie Leto à Arco Madrid, autrement dit l’une des plus grandes foires d’art en Espagne où elle reçoit un prix. Aujourd’hui en 2017, cette artiste est toujours très productive.

Mais alors que lui vaut un tel succés, et en quoi son art est-il quasiment hypnotisant?

La particularité de Waliszewska, c’est de créer son propre univers pictural. En effet, lorsqu’on observe sa peinture, celle-ci nous entraine immédiatement dans un univers à la « Alice aux pays des merveilles » sombre, lugubre et inquiétant. De plus, elle ne nomme que très rarement ses oeuvres, excepté lorsqu’il s’agit de série comme pour celle des « nasty child ». Mais ce qui lui donne sa force, c’est que malgré l’aspect effrayant de ses créations, on est irrésistiblement attiré par leur beauté paradoxale.

On peut avoir le plaisir d’observer ses oeuvres puisque l’artiste est présente sur tumblr, blogspot ou encore facebook, et constater qu’elle est extrêmement productive puisqu’elle publie environ deux à trois productions par jour.

Parmi les figures qui se retrouve dans son Œuvre, on peut compter des créatures étranges, des visages mutilés, des femmes à l’allure maléfique ou au contraire vulnérable, des chats, des squelettes, la présence d’enfants ou de jeunes femmes aux corps adolescents masculins.

Concernant le détail des thèmes représentés, on y voit fréquemment des paysages de forêts sombres, de la souffrance, des portraits, du sadomasochisme, des allusions maléfiques,ou encore d’étranges rites. 

Dans ses réalisations, on est surpris mais pour autant satisfait de voir dans certaines un dépouillement total avec la présence d’une touche apparente, d’une ou deux couleurs et de figures réalisées de manière approximative, ou bien de rencontrer tout le contraire avec des détails absolument frappants dans le travail de la texture. Cela dit, les couleurs restent toujours plus ou moins sombres.

En cela, il est intéressant de constater par la suite que dans ses oeuvres, le dépouillement ou bien au contraire l’absolue précision, accentue son univers et son côté inquiétant, qu’il soit volontaire ou non. Le dépouillement bien souvent, met l’accent sur une figure particulière se situant sur la toile, alors que la précision notamment dans ses portraits mutilés, appuie sur l’aspect morbide de la chair et des muscles apparents.

Des références ?

Parmi ses inspirations, elle cite le Quattrocento avec le rôle de la couleur, et les oeuvres des graphistes polonais du XVIe siècle tels que Tomasz Treter et Jan Ziarnko. Sur sa page facebook également, elle publie 7 de ses peintures favorites dans lesquelles elle cite les artistes Rogier Van Der Weyden, Enguerrand Quarton, Geertgen tot Sint Jans, Hans Memling, Pieter Bruegel l’ancien et Sassetta. Pour les symboles représentés, elle s’appuie sur les films d’horreur japonais, mais également les évènements actuels.

« Je culte l’art de la Renaissance, mais certains éléments de ce qui se passe actuellement ont également une influence importante. Par exemple, il n’y a pas longtemps, j’ai peint une série de morceaux sur le massacre sur l’île norvégienne d’Utoya. C’est un peu un besoin romantique de localiser le «grand sujet» du temps présent, je suppose. Toutes sortes d’influences, à la fois par la peinture du jour de la mort de Memling et les films d’horreur japonais étranges, sont mélangées à ce stade. »

Mais nous spectateurs, en regardant ses œuvres, avons comme l’impression de retrouver plusieurs mouvements à la fois, autrement dit, le surréalisme, le romantisme noir et le gothique. En effet, se côtoient à la fois le côté déjanté, l’évasion que l’on ressent en observant les oeuvres surréalistes de Dali, mais aussi la noirceur évoquée dans le romantisme noir de Goya ou de Fussli. En ce qui concerne le dessin de certaines de ces oeuvres, on y note également la présence d’une pointe de gothique tardif.

Si vous aimez être transportés, voir de nouvelles choses et si vous aimez les influences évoquées précédemment, je ne peux que vous conseiller d’aller jeter un oeil sur les productions uniques en leur genre de cette artiste qui, je l’espère, vous happeront autant qu’elles m’ont happées.

Article écrit par Jody Fournage 

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