Les Journées du Patrimoine 2017

Le week-end dernier se tenait la 34e édition des Journées du Patrimoine, organisée par le ministère de la Culture et de la Communication dans toute la France sur le thème Jeunesse et Patrimoine. Plus de 17 000 monuments ont ainsi ouvert leurs portes au public et quelques uns de nos rédacteurs vont vous faire découvrir leurs expériences du week-end !

Blanche et Guillaume – Les Journées du Matrimoine

Tout le week-end, l’association HF (Égalité Hommes-Femmes dans les Arts et la Culture) proposait des visites visant à mettre en valeur le matrimoine, c’est-à-dire le patrimoine marqué par l’action des femmes. Samedi après-midi, une visite était proposée sur le thème “Sorcières” et Alchimistes, de l’église Saint-Gervais à la tour Saint-Jacques. Elle visait à faire découvrir les nombreuses femmes pourchassées et qualifiées de sorcières juste parce qu’elles étaient femmes : la mathématicienne et philosophe grecque Hypatie, la béguine philosophe Marguerite Porete au XIVe siècle… L’alchimiste parisienne Pernelle Flamel qui fit de nombreux dons aux établissements ecclésiastiques de son quartier (notamment à l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie) a, quant à elle, contribué de façon majeure au matrimoine parisien.

P1910078

Le siège de la Société Générale

Inauguré en 1912, ce bâtiment devait montrer la puissance et la fiabilité de la banque à ses clients. En témoigne l’impressionnante porte en acier du coffre de la banque, fondue aux fonderies du Creusot qui appartenaient à Schneider, directeur de la Société Générale. La coupole recouvrant le hall a retrouvé ses couleurs et sa clarté grâce à une restauration menée il y a quelques années, et, au sol, la mosaïque est la plus grande composition d’Europe. Pour l’anecdote, la Société Générale était ouverte la nuit, afin de permettre à ses clientes de descendre récupérer leurs bijoux dans leur coffre juste avant d’aller à l’opéra, situé juste derrière, et d’y retourner après pour les remettre à l’abri.

L’Hôtel de Beauvais

L’hôtel de Beauvais, situé dans le 4e arrondissement, est un édifice du XVIIe siècle qui abrite aujourd’hui la cour administrative d’appel de Paris. La parcelle fut offerte à Catherine et Pierre de Beauvais par la reine Anne d’Autriche pour un service rendu étonnant. En effet Catherine avait été choisie pour sa laideur (elle était borgne) comme femme de chambre de la reine. Les deux femmes seraient devenues amies et « Cateau la Borgnesse » aurait, sur ordre de la souveraine, dépucelé le jeune roi.  

P1910108

Les époux récupèrent une parcelle biscornue dont va tirer parti l’architecte Antoine Le Pautre. Les façades sur cour, sculptées au nom des Beauvais, laissent croire à une large demeure presque symétrique. Peu de choses subsistent en état à l’intérieur, du fait de sa riche histoire. Il fut par exemple divisé en 40 appartements au XIXe siècle, avant d’être racheté et rénové par la ville de Paris. Il accueillit également le jeune Mozart lors de son premier passage à Paris (l’hôtel était alors la demeure de l’ambassadeur de Bavière). C’est pour toutes ses petites histoires, et pour la beauté des lieux, que l’on vous recommande d’y faire un tour l’année prochaine.P1910114

Marine – La chapelle Saint-Blaise des Simples de Milly-la-Forêt (77)

21886934_10214405105228263_602327536_oAu retour des croisades, la ville de Milly-la-Forêt accueillit de très nombreux chevaliers malades de la lèpre dans une maladrerie. Cette chapelle, érigée en 1136, est le seul témoin de ce centre de soin templier. Très petite en taille, elle permettait aux malades les moins atteints d’assister à deux offices par semaine, sans qu’ils aient à se mêler avec la population du centre-ville. Elle fut placée sous la protection de saint Blaise, évêque qui soignait ses malades et les animaux par des plantes médicinales. Il fut notamment canonisé pour avoir réussi à enlever une arête de poisson coincée dans la gorge d’une jeune fille. L’adjonction “des Simples” fait référence aux herbes médicinales, appelées ainsi puisqu’il suffit généralement d’une seule plante pour soigner plusieurs maux.

Abandonnée lors de la Révolution, la chapelle servit ensuite de grenier puis tomba en ruine du fait de la nature du grès local, très friable. En 1958, la commune décida de la rénover et d’installer tout autour un jardin botanique des simples, en lien avec le saint et le célèbre passé de la ville dans la culture des plantes médicinales (notamment de la menthe poivrée). Le décor intérieur fut confié à Jean Cocteau, grand poète, cinéaste, dramaturge et Citoyen d’honneur de la ville de Milly.

Trois côtés de la chapelle figurent des simples sur toute la hauteur des murs. Sur le mur du choeur est représentée en scène principale la résurrection du Christ avec les gardes endormis, en-dessous deux profils d’anges de part et d’autre d’une alcôve où figure la tête endolorie du Christ. Il n’y a pas d’autel en raison de la petite taille de la chapelle mais une dalle funéraire, marquée d’une croix de Lorraine réservée aux Croisés morts de maladie. Jean Cocteau et son dernier amant, Edouard Dermit, y reposent en paix respectivement depuis le 23 Avril 1964 et le 15 Mai 1995. Un commentaire audio de Jean Marais, amant puis meilleur ami de Jean Cocteau, nous permet d’apprécier toutes les spécificités de cette chapelle, une des 4 décorée par Cocteau et malheureusement peu connue du grand public.

Anaïs – Médiation pour ArtagonIII

Artagon est une association fondée par Keimis Henni et Anna Labouze. Depuis trois ans ils organisent l’exposition d’artistes en écoles d’arts. Cette année 15 écoles avaient été sélectionnées au Royaume Uni, en Allemagne, Belgique, Suisse, Italie, Espagne et France. Un jury de vingt-cinq personnalités du monde de l’art et de la culture s’est déplacé en petit comité dans ces écoles où ils ont sélectionnés trois élèves dans chaque établissement. Cette année, c’étaient 45 artistes qui étaient exposés aux Petites Serres, rue Larrey à Paris.

Sculptures, vidéos, photos, peintures, performances, l’exposition offre un panorama du nouveau visage de l’art contemporain. L’association est soutenue par des partenaires importants mais n’est pas encore connue du grand public ni même des élèves en histoire de l’art. Les cartels sont écrits par les artistes et des médiateurs sont présents pour expliquer les œuvres aux visiteurs curieux. C’est une entreprise fascinante à suivre car s’ils continuent dans leur lancée, ils vont devenir très important dans le monde de l’art.

Anne-Elise – Le Palais Royal

C’est une courte visite, mais richement commentée par des intervenants, que proposait le ministère de la culture.

Axée sur le mobilier, on pouvait découvrir des trésors du patrimoine français comme des torchères provenant du palais des Tuileries mais aussi des oeuvres d’artistes contemporains. Quelques anecdotes étaient parfois données sur la ministre et son directeur de cabinet. Cependant, ce qui attirait beaucoup de monde étaient les ateliers présentés dans la salle de réception. En effet, des entreprises et associations œuvrant à la protection et à la restauration des monuments historiques avaient des stands. De nombreuses démonstrations sur le travail du bois, de la pierre ou encore du verre faisaient la joie des enfants.

Le Conseil d’Etat était la plus grande partie de cette visite et permettait une réelle découverte de cet organe de la République souvent oublié. De nombreuses explications étaient présentes et des intervenants répondaient aux multiples questions des visiteurs. C’était donc un moyen de comprendre comment peut fonctionner la justice et comment les lois qui régissent notre pays sont étudiées. En effet, le Conseil d’Etat donne son avis sur celles-ci après qu’elles soient passées par Matignon et avant qu’elles n’arrivent au conseil des ministres qui a lieu à l’Elysée.
21849068_1517162391663270_1566205180_nCette visite était aussi un plaisir pour les yeux avec la présence de pièces du Mobilier National mais aussi pour l’architecture en général. Celle-ci est le fruit de commandes spécifiques dues aux réaménagements successifs et, par exemple, on retrouve pour orner les murs de la salle d’assemblée générale des peintures d’Henri Martin datant des années 1920.

21848963_1517162388329937_584886410_n
Bureau de Laurent Fabius, président du Conseil Constitutionnel

Le Conseil Constitutionnel clôturait la visite du Palais Royal. Souvent aussi inconnu que le Conseil d’Etat, cet organe qui veille à l’application de la constitution se doit d’être neutre depuis sa création en 1958. Cependant, c’est lui qui contrôle les grandes élections en France et proclame les résultats des présidentielles et des référendums.
Il est souvent associé à des débats publics car les anciens présidents y siègent. De plus, il est aujourd’hui présidé par Laurent Fabius.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s