« Théâtre du pouvoir » au Louvre – Conférence de présentation

Le 27 septembre, a eu lieu au musée du Louvre l’ouverture de l’exposition « Théâtre du pouvoir » qui prend place dans la Petite Galerie jusqu’au 2 juillet 2018. L’occasion pour le musée de la présenter au public lors d’une conférence le jour même.

La Petite Galerie, espace d’expérimentation

Jean-Luc Martinez, président-directeur du musée du Louvre et commissaire, a introduit en personne cette exposition très attendue. Celle-ci a été élaborée dans le cadre d’une collaboration entre le musée du Louvre et celui de Pau, où elle sera présentée pour l’année 2018-2019.
Ce qui rend cette exposition si particulière c’est qu’elle ne s’attache pas à décrire la production artistique d’un espace géographique ou d’une période historique précisément. Elle cherche plutôt à traduire les grands axes qui ont accompagnés la représentation du pouvoir depuis l’Antiquité.

Le choix de la Petite Galerie pour cela est assez emblématique, comme l’a expliqué Jean-Luc Martinez lors de sa présentation. En effet, il s’agit d’un espace relativement récent de l’aile Richelieu car ouvert en 2016, et il s’agit de la troisième exposition qu’il accueille. La Petite Galerie est uniquement composée de quatre salles et se donne pour objectif de répondre aux attentes d’un nouveau public. Ainsi depuis quelques années, on a observé un changement du public des musées en faveur des familles et de visiteurs non-initiés à l’Art. L’idée est donc que cet espace d’exposition permette de présenter des œuvres de différents départements du Louvre afin de les familiariser avec les collections du musée et le vocabulaire artistique. Idéalement, cela offre une forme de liberté au visiteur, pour qu’il puisse ensuite partir à la conquête des autres collections. En l’occurrence, le public visé par l’exposition est un public de collégiens, dont le programme scolaire correspond aux thèmes abordés.

« Théâtre du pouvoir » est composée de 43 œuvres. Il s’agit certes d’un nombre limité, mais celles-ci présentent l’avantage de venir de tous les départements du Louvre, ainsi que de musées extérieurs. Il y a donc une grande diversité qui permet de tracer des liens entre les différentes représentations.

L’exposition

Si Jean-Luc Martinez a pris soin de justifier le choix de la quasi-totalité des œuvres puis de les détailler durant cette conférence, cela vous sera ici épargné. Voici cependant une présentation des grandes dynamiques animant chaque pièce de l’exposition.

La première salle sert d’introduction et montre les origines du pouvoir, avec le rôle du roi et du prince. Pour cela des antiquités grecques et égyptiennes sont mises en rapport avec différents portraits de rois de France. On observe une certaine corrélation entre le rôle divin, protecteur et bâtisseur des rois d’une civilisation à l’autre.

La deuxième salle est consacrée à un dossier autour d’Henri IV, il s’agit d’observer la propagande royale et l’imagerie qui s’est construite au nom de ce personnage. Le terme de propagande est ici entendu au sens de diffusions d’œuvres et de textes, pas d’une idéologie comme ça en deviendra plus tard le cas. En effet, la figure du bon roi Henri IV a principalement une dimension presque mythique, avec le roi protecteur et bâtisseur, qui prenait le temps de jouer avec ses enfants et qui a prôné une certaine tolérance religieuse. En somme, on le pare de toutes les qualités et son image a été reprise dès que le pouvoir royal vacillait, notamment sous la Restauration. Par exemple, le tableau d’Ingres le représentant a été réalisé juste après la révolution de 1830. Cela va jusqu’à représenter Henri IV en personnage mythologique comme Hercule et Jupiter avec des porcelaines de son apothéose. Cette propagande a touché tous les médias, il y a même des plats le représentant avec ses enfants.

Quant à la troisième salle, nommée la salle du bon prince, elle révèle à quel point la royauté française a puisé dans l’iconographie romaine. Cette idée est appuyée par la représentation du roi à différentes époques selon le modèle de l’empereur sur sa statue équestre.

Enfin, la dernière salle s’ouvre sur une présentation différente des régalia, avec des objets que l’on qualifie de métisses parce qu’ils sont composés de détails datant de différentes époques. Cette présentation des régalia, les objets traditionnels du pouvoir, s’accompagne de portraits où elles sont visibles. On pose donc aussi la question des nouveaux objets représentant le pouvoir. Ainsi, on peut observer que le système républicain s’est aussi inspiré du répertoire grec, comme le montre simplement l’image du bonnet phrygien.

Enfin cette exposition se termine sur la présentation d’une œuvre d’Olivier Roller, un artiste moderne, qui nous propose une réflexion sur la présence du pouvoir dans les visages même de ceux qui dirigent.
L’une des qualités de cette exposition est notamment son interactivité. En effet, les cartels expliquent de manière simple les œuvres, des écrans permettent de feuilleter et donc de confronter les différentes pièces exposées. Il y a même la mise en place d’une sensibilisation à certaines techniques tel que l’émail via des vidéos montrant les différentes étapes de fabrication.

Le Louvre a également construit le « théâtre du pouvoir » autour de l’idée qu’une exposition ne se résume pas à quelques œuvres contenues dans un nombre restreint de pièces. Il a, par exemple, créé des parcours dans les collections du Louvre qui complètent l’exposition. Une dizaine d’évènements sont organisés autour du thème du pouvoir allant de projection de films à un opéra, en passant par des débats autour de Bérénice et Macbeth. De plus, le dispositif Hors Les Murs permet de faire découvrir l’Art a un nouveau public, en installant l’exposition dans les hôpitaux, les usines, les centres commerciaux ou encore les écoles.

En somme une exposition attractive et vivante, qui propose une réflexion sur le pouvoir de l’Antiquité à nos jours. Celle-ci frappe d’autant plus qu’en cette année post-présidentielle, la question du pouvoir reste un sujet d’actualité brulant. Pour prendre connaissance des différents dispositifs de cette exposition et préparer votre visite, rendez-vous sur le site de la Petite Galerie ( petitegalerie.louvre.fr ) !
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