Les Demoiselles de Rochefort ont eu 50 ans

Cette année nous fêtons le cinquantenaire de la sortie au cinéma du film les Demoiselles de Rochefort, de Jacques Demy. Sorti en mars 1967 dans les cinémas français, qui n’a pas chanté depuis la chanson des « sœurs jumelles » ! Signant l’une des neuf coopérations du duo Jacques Demy et Michel Legrand, en 28 ans d’amitié et de travail commun entre ces deux monstres sacrés, le film nous offre quelques jours de la vie d’hommes et de femmes attachants qui se croisent sans se voir pour mieux se rencontrer le moment venu. Ce film, décrit comme beaucoup comme un aperçu des chassés croisés que nous offrent la vie, méritait ainsi un hommage particulier.

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Lors du tournage durant l’été 1966, le casting du film rassemblait des célébrités aussi bien françaises qu’anglo-saxonnes, et il a d’ailleurs été tourné en français et en anglais. Catherine Deneuve et sa demi-sœur Françoise Dorléac en étaient les têtes d’affiches, accompagnées par les Français Jacques Perrin et Danielle Darieux, mais aussi par des vedettes américaines comme Gene Kelly (Chantons sous la pluie) et George Chakiris (West Side Story). Cette comédie musicale, bien différente du précédent film du duo Demy/ Legrand, Les Parapluies de Cherbourg, nous relate une histoire autrement plus heureuse, et qui se voulait surtout être un film français à « l’américaine », c’est à dire directement inspiré des comédies musicales des studios hollywoodiens des années 50 et 60. Pour l’occasion, et afin de donner au film une certaine joie de vivre dans l’image, les façades des maisons et devantures du centre ville de Rochefort avaient été repeintes dans des couleurs vives. Cela n’est, d’après les dires de Michel Legrand et Jacques Perrin, que le reflet du tournage qui se serait déroulé entre les éclats de rires et les pas de danse.

FR - CINEMA - LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT

Ainsi le Grand Rex a proposé les soirs du 30 septembre et du 1er octobre 2017, un concert reprenant un medley des musiques du film avec pour chef d’orchestre d’un big band de seize musiciens et à son piano, le compositeur Michel Legrand lui même. Le concert était suivi d’une diffusion du film en version restaurée, et chacune de ces deux soirées hommage aura eu son lot de surprises. En effet, pour clore le concert lors de la représentation de samedi, Michel Legrand avait invité la chanteuse Melody Gardot et l’acteur Lambert Wilson à venir interpréter la Chanson de Maxence à ses côtés, tandis que ce dimanche c’est Jacques Perrin qui complétait le discours du compositeur de ses souvenirs de cet été 66.

Nous avons pu noter avec joie et émotion que l’homme qui a nourrit et qui nourrit encore des générations entières par ses musiques n’avait rien perdu de son doigté. Et si son allure de vieillard et ses mouvements ralentis ont pu semer le doute chez certains, ce doute a bien vite disparu lorsque les premières notes se sont faites entendre et que nous avons eu droit à un concert de grande vie et d’intensité. Nous avons pu retrouver ces sonorités qui sont si chères à tout amateur confirmé du film, le tout dans un mouvement jazzy encore plus présent que dans la bande originale car ici créées principalement par des cuivres et une contrebasse pour accompagner le piano.

Il régnait une véritable atmosphère d’euphorie, de joie, de ravissement dans toute la salle. Ces deux soirs un peu plus de deux milliers de personnes se sont pressées pour assister à la représentation, allant aussi bien des admirateurs de la première heure, à ceux qui ont grandi avec ou encore ceux qui étaient trop jeunes les qualifier de « grands ». C’est avec beaucoup d’émotions que s’est déroulée la soirée et malgré le fait que ce film ait été vu et revu, de nombreux spectateurs ont rit et pleuré comme lors d’un premier visionnage. Il n’est pas possible de déterminer ce qui était la cause de tant d’émotions, la présence du compositeur, le grand écran, ou peut être se trouver avec des milliers de personnes inconnues et être pourtant rassemblées par une même œuvre, une même musique, une même citation… En sortant de la salle ce soir là, sur toutes les lèvres et dans toutes les têtes résonnaient les chansons, le rêve inassouvi d’avoir été présent aux cotés des acteurs à Rochefort cet été 66, et la plaisanterie « je vais en perm’à Nantes ».
C’est ça la beauté du cinéma Demy, la vie réelle n’est pas finalement pas si éloignée de celle de ses histoires, il provoque les rêves, les rencontres, les rires et les larmes.

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