Témoignages d’élèves #6 : La Fiac Hors les Murs 2017

L’édition 2017 de la Fiac vient de se terminer et les chiffres tombent : près de 74 000 entrées à la foire et plus de 500 000 visiteurs pour le programme Hors les Murs. Ce dernier disperse entre le jardin des Tuileries, la place Vendôme, le musée Delacroix et le On Site des oeuvres d’art contemporain qui, chaque après-midi, sont commentées par des élèves médiateurs de l’Ecole du Louvre. Rencontre avec ces jeunes bénévoles passionnés d’art. 

Florian est élève en troisième année en spécialité anthropologie. C’est sa deuxième participation à la FIAC Hors les Murs : après une présentation au Petit Palais l’année dernière, il présentait ce week-end une oeuvre de Stéphanie Saadé nommée Le chemin du retour (2017) dans le jardin des Tuileries. Cette oeuvre, qui peut passer inaperçue, aborde la question de la nostalgie. En effet elle représente le chemin que faisait l’artiste de son domicile à l’école des Beaux-Arts de Paris lorsqu’elle était étudiante, chemin qui passait par le Jardin des Tuileries.

Florian, qui a eu la chance de pouvoir choisir cette œuvre, est ravi de participer à cette nouvelle édition. Alors qu’il ne connaissait pas l’artiste, il a eu la chance avec son binôme de pouvoir la rencontrer et échanger avec elle pour préparer cette médiation.Capture d_écran 2017-10-23 à 19.24.32

L’œuvre Clavo, Quatro – Ocho (2015) de Los Carpinteros représentant de grands clous rouillés et tordus est présentée par Mercédés, une élève de troisième année en spécialité Grandes Demeures. Ayant déjà participé à plusieurs médiations, la FIAC Hors les murs a été pour elle une chance de s’ouvrir au monde contemporain et se détacher des clichés qu’elle portait sur ce monde. Elle a découvert avec cette médiation une œuvre pleine de sens qu’elle a eu plaisir à partager avec le public. En effet, ces simples clous ont en fait de multiples couches de lecture. Ils sont d’abord une représentation de l’échec, celui de l’homme à donner forme à quelque chose. Ils sont comme un appel à l’humilité. L’objet même du clou, agrandi de la sorte, peut aussi évoquer une certaine nostalgie de l’artisanat, du fait main dans un monde de la production en série.Capture d_écran 2017-10-23 à 19.24.13

Capture d_écran 2017-10-23 à 19.23.56Au milieu de la grande allée des Tuileries on remarque assez aisément l’œuvre de Patrick Saytour nommée Serre Cyprès (2017). Elle nous est présentée par Sophie qui est en troisième année en spécialité patrimoine technique et industriel. C’est sa première vraie expérience de médiation qu’elle a eu plaisir à faire avec cette œuvre qui était dans son « top dix ». Difficile à croire mais elle fait écho à une représentation rêvée de la Grande Galerie du Louvre en ruine par Hubert Robert. En effet l’objectif est de montrer que la nature est plus forte que l’homme. Mais l’artiste tend aussi à critiquer l’hermétisme de certains discours sur l’art contemporain (en faisant lui même des œuvres qui nécessitent des explications…). Au fond ce qui compte n’est pas pour lui l’explication mais l’objet, le discours pouvant changer avec le temps.

Tout au fond du jardin des Tuileries c’est Claude Viallat qui a recouvert de deux grandes toiles rose et grise les murs de l’étrier. Olivier, élève en deuxième année en spécialité art contemporain, nous en fait la présentation. Créées spécialement pour le lieu, ces toiles ne sont pas aussi colorées que le reste de l’œuvre de l’artiste. Il a voulu rester en harmonie avec le jardin et respecter la symétrie de la grande perspective. Elles sont néanmoins représentatives du mouvement support surface que Viallat a contribué à créer. La peinture est réduite à l’essentiel : la couleur et la toile. Pour lui toute surface peut être un support pour peindre : Olivier nous l’illustre avec la première œuvre témoin de cette démarche, une robe peinte par l’artiste, qu’il a personnellement acheté. En effet Olivier est un habitué de l’art contemporain, il collectionne et présente ses œuvres dans son hôtel près d’Avignon, l’hôtel Agar.Capture d_écran 2017-10-23 à 19.23.38

IMG_0096.jpgJustine est une élève du double diplôme entre l’ESSEC et l’Ecole du Louvre. Elle a décidé de participer à cette opération de médiation car elle souhaite travailler dans ce domaine. De plus, c’était la première fois qu’elle avait l’occasion de participer à un tel évènement. Elle avait beaucoup d’appréhension car elle avait peur de ne être pas à la hauteur. Mais, c’est avec un grand sourire qu’elle nous explique qu’elle a été très heureuse de la faire car elle a pu échanger avec beaucoup de personnes et ce, parfois même au delà de l’oeuvre. « C’était donc avant tout une expérience humaine ! ». Elle présentait Crusz (2017) d’Anna Fasshauer, oeuvre qui n’était pas son premier choix mais elle a trouvé très intéressant le fait que l’artiste maitrise le processus de création du début à la fin, chose que l’on retrouve parfois peu. Son meilleur souvenir reste celui d’une femme âgée d’une quarantaine d’années qui s’est mise à courir et sautiller autour de l’oeuvre pour faire une vidéo !

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© FIAC

Cet élève de troisième année en spécialité Grandes Demeures à l’Ecole du Louvre, qui restera anonyme, présentait 5 Worlds 12 Benches (2013) de Matt Mullican. Ayant déjà fait une médiation au Château de Champs sur Marne, il a cette fois décidé de s’éloigner de sa spécialité pour faire quelque chose de différent et avoir un premier contact à l’art contemporain. Ce fut réussi, considérant que cet événement lui a permis de vraiment apprécier l’art contemporain et de “s’éloigner du cliché que art contemporain égal arnaque”. Ce fût pour lui une expérience très intéressante mais il déplore un contact au public difficile en partie dû à l’oeuvre qu’il présentait car elle est constituée de huit bancs. Le public ne faisait pas attention au fait qu’il était assis sur une oeuvre et pouvait être réticent à une explication. Ce n’est qu’après une averse et ne pouvant alors s’asseoir qu’il commença à voir l’oeuvre pour ce qu’elle était et à être plus disposé à écouter les explications. Cette oeuvre rentre dans le discours complexe de Matt Mullican, cherchant à cartographier la réalité. La présence d’un médiateur était essentielle à sa compréhension puisqu’il fallait offrir une légende aux couleurs et symboles présentés.

Ecrit par Blanche Cardoner, Anais Proust, Anne-Elise Guilbert–Tetart

 

 

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