« L’Art Renouveau » se propulse au Musée d’Orsay

Jeudi dernier, la nocturne hebdomadaire du musée d’Orsay de Paris se transformait en festivités aux tonalités néo-art nouveau. « Art Nouveau Revival », tel était le thème de cette nouvelle Curieuse Nocturne, before muséal avant la soirée étudiante du jeudi soir. En effet, cette soirée enchanteresse visait un public jeune, principalement étudiant, un pari que semblent faire de plus en plus d’institutions culturelles ces derniers temps.

De nombreux ateliers et visites étaient proposés. Prieur de la Marne, special guest de la soirée, ouvrit et ferma le bal par de fabuleux dj sets aux ambiances électro. Habitué à remixer, il a transformé la musique de tournant de siècle pour la mettre au goût du jour. Il était installé au centre de la Grande Nef d’Orsay, cette allée peuplée des sculptures du XIXe siècle, et plus précisément juste devant l’Ugolin de Carpeaux qui semblait le surveiller. Une mise en scène visuellement intense. Nos sens étaient alors touchés par la vue de l’art des siècles derniers et par la musique en train d’être créée par l’artiste. Un concert presque magique en somme. Le seul bémol était peut-être que les visiteurs préféraient profiter du spectacle assis depuis les marches et seulement deux-trois habitués à ce genre de scène musicale se déhanchaient gracieusement au milieu de ce grand musée.

IMG-2160.JPGIl y avait beaucoup plus de monde pour les médiations qui intéressaient les jeunes curieux et les visiteurs de passage. Les étudiants de l’ESPE de Versailles en médiation culturelle répondaient à toutes les questions. Avez-vous remarqué que le Bureau de dame de Carlo Bugatti créé vers 1890 a ses poignées en noisettes ? Intitulé « L’Art Nouveau pour les Nuls », cet épisode de médiation couvrait quelques oeuvres de ce large département du musée, permettant de faire un focus sur des détails qui seraient passés facilement inaperçus.

Plus on montait dans les hauteurs du musée, plus les événements étaient contemporains pour participer à ce revival de ce style dont l’égérie est Hector Guimard.

IMG-2158IMG-2159Dans la salle des fêtes, l’ENSAD – Ecole Normale Supérieure des Arts Décoratifs – avait posé ses valises, enfin ses oeuvres plutôt. En effet, les élèves avaient eu pour consigne de créer un objet qui pourrait être issu de l’Art Nouveau au XXIe siècle. Plus de cinquante étudiants proposaient leurs créations, le tout formant un ensemble très éclectique puisque cela regroupait mode, design ou encore animation numérique. Un défilé pour voir les créations vestimentaires portées était proposé, permettant de se rendre compte de l’effet sculptural des matières. Les vêtements proposés étaient une délicieuse synthèse entre la mode actuelle et les inspirations d’antan. Le défilé a d’ailleurs beaucoup plu au public présent. 

Parmi ces oeuvres, un iPad sur un piédestal. En s’y penchant de plus près, et en tripotant l’écran, tout s’anime. Ici, le but est que le spectateur soit aussi acteur avec un côté ludique. Cyril Mornet voulait animer dans ses Rhizomes Discontinus les lignes courbes d’Hector Guimard. Elève en cinquième année dans la discipline « image imprimée », il s’est rendu compte au fil de ses créations que c’était l’univers du jeu vidéo qui le passionnait le plus. Il s’est alors penché sur les aspects techniques tels le développement qu’il a perfectionné lors d’un échange au Québec. Aujourd’hui, ses créations s’expriment par ces sujets animés qui ici sont un jeu de rêverie pour le visiteur.

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Un peu plus haut, au pavillon de l’horloge, Villette Makerz avait élu domicile pour un fab-lab éphémère, reprenant toujours le terme d’un Art Nouveau moderne. Le visiteur pouvait observer une imprimante 3D ou bien même toucher des légumes pour animer un écran. En effet, l’inspiration de la nature et de ses courbes est un des thèmes centraux de l’Art Nouveau. Les artistes du Villette Makerz ont donc eux aussi voulu s’inspirer du monde végétal en utilisant comme modèle … le chou. Ainsi, l’imprimante 3D imprimait un chou, ce qui permettait de se rendre compte des capacités de l’imprimante en question, un outil encore méconnu du grand public. Quant aux autres choux présents, ils étaient branchés par set de trois à un ordinateur via une interface sensorielle. Quand l’ordinateur détectait qu’un des légumes était touché, il modifiait les couleurs et les coupes présentées à l’écran. Le tout formait une séquence psychédélique dont le public était l’auteur. 

Mais ce qui attira le plus de monde fut les deux ateliers. Le premier proposait via des tampons de créer des cartes tandis que le second concernait la création de tote-bag. Toujours dans le thème Art Nouveau, on utilisait des formes et des tampons inspirés des célèbres courbes et fleurs du style pour former notre propre création. 

C’est donc une nocturne réussie avec des animations aussi diverses que variées. La création de la fin XIXe siècle résonnait en parfait accord avec celle du XXIe siècle. Des échanges de passionnés à curieux étaient permis par les médiations sur les collections du musée et aussi par les jeunes artistes de l’ENSAD qui profitait de ce moment de fête où leurs créations étaient exposées dans un des plus beaux musées de Paris. 

Ecrit par Ariane Da Cunha et Anne-Elise Guilbert-Tetart

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