Six raisons d’aller découvrir les Enfers et fantômes d’Asie au Musée du Quai Branly

Du 10 avril au 15 juillet le Musée du Quai Branly – Jacques Chirac présente une exposition hors-normes, une expérience unique aux frontières de l’histoire de l’art, de la religion, des mythes et traditions populaires, du cinéma, du gore, des jeux-vidéos… : jamais une grande exposition n’avait relié autant de thèmes que l’on pourrait penser opposés.

MQB. Affiche de l'exposition temporaire : Le circuit de visite est thématique et géographique. Il est divisé en trois sections : la première est consacrée à la vision des enfers, la deuxième aux fantômes errants et vengeurs, et la dernière à la chasse aux fantômes. Plutôt que de vous résumer l’exposition, nous vous proposons six raisons d’aller la découvrir :

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 Figurine de Kappa  © musée du quai Branly – Jacques Chirac, photo Claude Germain © Mizuki Productions / © Japan Mononoke Tourist

1- La plupart des œuvres sont rarement exposées en temps normal

Que ce soit à cause de leur statut, que le public familial des musées pourrait trouver choquant et déplacé, ou pour des raisons de conservation, comme pour les estampes, beaucoup d’œuvres ont été sorties des réserves pour cette exposition. Mises en relation, elles permettent de comparer la capacité des artistes à créer les figures les plus terrifiantes possibles, mais aussi les plus bouffonnes ou sympathiques. Il en va de même pour les œuvres d’art populaire, tant ancien que contemporain, telles que cette figurine de Kappa, génie japonais censé attirer les humains dans l’eau, notamment les enfants, pour les manger (mais il préfère encore plus les concombres), transformé en jouet pour enfants.

 

2- Pour les histoires de fantômes

Si vous aimez les histoires de dames blanches hantant on ne sait quel château du fin fond de la Creuse, vous allez pouvoir vous délecter de leur version japonaise. Oiwa est la plus célèbre de ces fantômes. Défigurée, empoisonnée et jetée dans une rivière par son mari, elle le hante jusqu’à ce qu’il sombre dans la folie au point de tuer sa nouvelle épouse. Il s’agit du scénario le plus fréquent au Japon : le fantôme vient hanter le coupable, qui devient fou et se suicide.

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Peinture du fantôme d’Oiwa, signée Ikkyo, peinture sur soie, fin XIXe-début XXe siècle © musée du quai Branly – Jacques Chirac, photo Claude Germain

3- L’art contemporain trouve sa place auprès de l’art ancien

L’artiste Thaïlandais Anupong Chantorn a été invité à proposer une œuvre en lien avec le thème de l’exposition. Rival montre deux moines bouddhistes tombés dans les enfers après s’être enrichis par le commerce des amulettes et des tatouages, critique des dérives commerciales de la religion contemporaine. La souffrance de ces personnages illustre la loi de la rétribution des actes (karma) dans la tradition de la peinture bouddhique des enfers. La peinture a été appliquée sur un assemblage de robes monastiques servant de toile. L’initiative de cette commande est à saluer, l’exposition se prêtant particulièrement bien aux échanges entre les différentes époques. L’œuvre crée un lien direct entre le passé et l’actualité.

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Rival, Anupong Chantorn, 2017, acrylique sur toile (robe de moine), 180 x 250 cm © musée du quai Branly – Jacques Chirac, photo Claude Germain

4- Vous pourrez jouer à des jeux-vidéos

C’est peut-être votre rêve le plus inavoué, et vous allez pouvoir le réaliser : jouer à des jeux-vidéos au musée, c’est possible ! Si vous êtes plutôt traditionnel, vous irez directement vers Pac Man (1980), mais vous pouvez aussi être à l’affût des dernières nouveautés, auquel cas Sleeping Dog : Nightmare in North Point (Square Enix, 2013, Xbox 360) devrait répondre à vos attentes. Leur point commun : la chasse aux fantômes !

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5- La scénographie vous donnera des sueurs froides

Tout est fait pour vous mettre dans l’ambiance : le studio de cinéma QFX de Bangkok, qui réalise des décors de films d’horreur, des mannequins et des maquillages a exécuté plusieurs éléments de la scénographie de l’exposition. Vous découvrirez notamment un hologramme 3D d’une femme-chat vampire, conçu avec la danseuse de bûto Yoko Higashi, des mannequins et des mises en scènes hyper-réalistes, de quelques centimètres à 5m de haut pour des fantômes géants, et une porte des enfers de plus de 3m de haut. Oserez-vous entrer dans la maison hantée sur les murs de laquelle sont projetées des scènes de films d’horreur ?

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Affiche du film « Phi ta bo », le fantôme aveugle, 1981 © musée du quai Branly – Jacques Chirac, photo Claude Germain

6- Vous aurez le bonheur de découvrir des films plus gores les uns que les autres

Certes il n’est pas question ici de films d’auteur, de réalisations de qualité ou de riches scénarios (quoique…). De la J-horror, nouvelle vague de l’horreur japonaise des années 1990-2000, aux traditionnels films de phi (esprits) thaïlandais, les réalisateurs ont rivalisé d’imagination pour mettre en scène fantômes et spectres, pour le plus grand plaisir du public asiatique qui en est un grand consommateur. Par exemple dans « Phi ta bo » le personnage principal s’est fait voler ses yeux par un médecin qui les a greffé à son épouse. Son fantôme revient pour les récupérer… Tous les films ont été sélectionnés par Stéphane du Mesnildot, co-commissaire de l’exposition, journaliste aux Cahiers du cinéma et professeur d’histoire du cinéma à Paris III Sorbonne, spécialiste du sujet. Les extraits sont projetés sur de grands écrans pour mettre en valeur les films en tant qu’œuvres, et non comme simples illustrations.

Bonus : Pensez à vérifier la programmation des événements organisés autour de l’exposition

Du 7 au 22 avril : le cycle Fantômes d’amour et de terreur, visions d’un cinéma hanté, vous permet de découvrir gratuitement les grands films traitant de ce thème.

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