Les caractères d’Asie au Musée Guimet

AFFICHE_CARACTERES_previewL’exposition Caractère d’Asie, trésors de la bibliothèque se déroule au Musée National des Arts Asiatiques Guimet jusqu’au 28 mai 2018. Faite pour les bibliophiles, cette exposition présente un large corpus d’ouvrages en lien avec l’Asie, réunissant près d’une dizaine de langues et techniques de fabrication différentes. Elle dévoile une partie du fond patrimonial de la bibliothèque ainsi que l’évolution de ce dernier depuis la création du fond au XIXe siècle.

L’exposition se déroule sur la balustrade de la bibliothèque originelle du Musée Guimet, écrin magnifique et de circonstance puisque l’objectif de l’exposition est de présenter au public les chefs d’oeuvres littéraires ramenés par Emile Guimet lors de ses voyages et qui ont contribué à constituer la première bibliothèque du musée. Le cadre permet donc de se plonger dans des textes que des personnes étudiaient sûrement en ces lieux plusieurs décennies avant nous. Elle met en valeur de nombreux textes des collections habituellement impossibles d’accès au public. Il s’agit pour la plupart de textes datant d’entre les XVIe et XIXe siècles.

Tout d’abord, l’exposition nous propose d’observer des ouvrages écrits par des occidentaux sur la vie, les croyances et les langues asiatiques. Ces premiers textes datant essentiellement des XVIe et XVIIe siècles nous permettent de comprendre l’approche de ces initiés aux langages de l’Extrême-Orient. Pour essayer de rendre plus facile l’apprentissage ou ne serait-ce que la compréhension des langues aux Européens, ils ont essayé de les comparer à des langues plus proches d’eux comme les hiéroglyphes égyptiens, même s’ils n’avaient pas encore été déchiffrés à cette époque. Ces personnages ont aussi travaillé sur plusieurs autres aspects de la vie et de la civilisation notamment chinoise comme par exemple Athanasius Kircher qui retranscrit les formes basiques de la langue, des plans de bâtiments profanes et sacrés ou encore des études d’armes et de technologies chinoises.
Après une quinzaine de livres comme celui de Kircher regroupant des informations sur des pays comme l’Inde, la Chine ou le Cambodge ainsi que leur croyance et histoire, l’exposition met en valeur l’une des formes d’art principale de l’exposition : la calligraphie. Ces magnifiques travaux très variés sur les techniques et les sujets sont exposés en alternance avec des gravures retraçant des passages de la vie de l’Empereur de Chine Qianlong réalisées par Isidore Stanislas Helman.

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Cérémonie du labourage faite par l’Empereur de Chine Qianlong, Isidore Stanislas Helman, 18e siècle.

La diversité de ces formes nous permet de mieux comprendre sur quoi on écrivait à cette époque et la façon de retranscrire tous ces sujets. Ce n’est pas seulement la calligraphie qui est mise en valeur mais aussi les différentes langues, comme par exemple les ouvrages chinois et japonais qui sont tous imprimés ou xylographiés.

On peut notamment se laisser absorber par les fabuleux détails des enluminures des textes du Sud de l’Asie présents à la fin de l’exposition.

L’une des oeuvres les plus impressionnantes de l’exposition est sans doute le Commentaire du Tipitaka de Buddhaghosa, un moine bouddhiste érudit ayant vécu au Ve siècle et qui aurait rédigé de très nombreux commentaires du Tipitaka correspondant à l’ensemble des textes du canon bouddhique. Ce commentaire du Tipitaka (Majjhimanikayatthakatha-Mulannasa atthakatha) est rédigé sur un tissu laqué et doré, pâli en écriture birmane. Il mesure plus d’un demi mètre de longueur, 15 centimètres de largeur et 25 centimètres d’épaisseur. Il est daté de la fin du troisième quart du XVIIIe siècle. Il s’agit de l’une des oeuvres les plus importantes du Bouddhisme Theravada. Le Bouddhisme Theravada est la dernière école survivante d’une longue liste qui enseignait le Bouddhisme Hinayana, aussi appelé en français Bouddhisme du petit véhicule.

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Commentaire du Tipitaka, Buddhaghosa, 1763-1776, Birmanie.

Même si elle paraît assez courte, l’exposition plaira à tous les passionnés de cultures asiatiques, nous permettant de voir comment nos prédécesseurs voyaient et comprenaient ces cultures. Grâce à cette exposition, nous pouvons comprendre comment les techniques d’écritures asiatiques se sont développées pour arriver à ce qu’elles sont aujourd’hui. On peut toutefois souligner que les cartels des oeuvres pourraient être légèrement allongés car certains sont trop courts et ne permettent pas de comprendre des objets qui mériteraient d’être remis dans leur contexte pour pouvoir être bien assimilés, comme le commentaire du Tipitaka ou certaines xylographies dont les sujets, si on ne cherche pas sur internet leur sens, semblent bien obscurs aux non-amateurs de culture asiatique. Cela peut rendre une partie de la compréhension assez hermétique mais on pourra toujours apprécier ces ouvrages, visuellement très beaux.

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