The Good Place ou le renouveau des sitcoms

Le début de la saison 3 de la comédie de Netflix est diffusé depuis peu sur la plateforme en ligne. L’occasion de revenir plus en détail sur cette série humoristique et déjantée, et, qui sait, peut-être de convaincre ceux qui n’auraient pas encore franchi le pas d’aller visionner cette sitcom pas comme les autres.

Le synopsis

À leur mort, les humains sont envoyés au « Mauvais » ou au « Bon » Endroit suivant leurs actions, seuls les individus les plus altruistes et généreux pouvant accéder à ce dernier. Ce paradis bien huilé va cependant être totalement déréglé lorsque l’égoïste et mesquine Eleanor Shellstrop est envoyée par erreur au Bon Endroit. Celle-ci va devoir alors tout faire pour cacher cette méprise et tenter de devenir une meilleure personne afin d’éviter le redoutable Mauvais Endroit…

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Eleanor (Kristen Bell) se réveillant au Bon Endroit

©TVtime

Une thématique nouvelle : un fond bien pensé

L’humour– absurde et tirant sur le sadisme – partie importante du programme qui a une volonté comique avant tout, est bien maîtrisé et dosé. Les scènes s’enchaînent, sans temps faible et toujours hilarantes, de répliques décalées en situations improbables et pourtant parfaitement cohérentes. Cependant, The Good Place n’est pas uniquement une série comique, en témoigne le synopsis énoncé plus tôt.

La série, une création de Michael Schur, propose en effet une thématique nouvelle pour les sitcoms, loin des thèmes habituels du genre – comme les amis (Friends, How I Met Your Mother…) ou la famille (Modern Family…). Si les tentatives d’Eleanor pour devenir une bonne personne prêtent aisément au rire, elles servent surtout les réflexions sur le bien et le mal, le jugement des autres, la mort ou encore l’éthique. C’est là ce qui fait la force de la série : une grande intelligence s’en dégage, perceptible dès l’épisode pilote. Avec The Good Place, le genre n’a plus la seule volonté de faire rire et de divertir, mais bien de faire réfléchir. Cette impression philosophique s’accentue au fil des épisodes, introduisant chacun de nouvelles perspectives à mesure que l’on découvre les personnages et leur passé, avant d’atteindre son apogée avec la fin de la saison une. C’est en effet avec l’épisode final de saison que l’on comprend réellement à quel point The Good Place est réfléchie. Nous n’en dirons pas plus, afin de préserver le mystère qui entoure le Bon Endroit.

La série sait sortir de la facilité et n’hésite pas à proposer des retournements de situation, évoluer et explorer de nouvelles pistes. Ceci ne la rend que plus intéressante, imprévisible et révolutionnaire : pas question de visionner dix saisons fonctionnant sur la même dynamique (bonjour Friends!), mais bien de voir une histoire cohérente qui s’adapte aux événements.

Une réalisation agréable : une forme soignée

S’il ne faut jamais juger un manuscrit à sa couverture, il faut bien admettre que pour une série la forme est tout aussi importante que le fond. Qu’en est-il de The Good Place ?

Le format – vingt minutes – n’est pas une nouveauté pour les sitcoms et plutôt agréable. Les blagues peuvent ainsi d’être appréciées sans toutefois devenir trop lourdes ; ce qui serait peut-être le cas si elles s’enchaînaient sans discontinuer pendant une heure. Un petit changement par rapport aux séries du même genre – mais pas des moindres – est toutefois notable : l’absence de rires pré-enregistrés ! Qui n’a jamais été, au moins une fois, agacé par ses rires synthétiques lorsqu’il visionnait un épisode de Friends ou de How I Met Your Mother ?

Paramètre important pour les œuvres du petit écran, le casting, est lui aussi réussi. On retrouve en figure de tête Kristen Bell (Heroes, Veronica Mars), qui incarne parfaitement les différentes nuances d’Eleanor et est très convaincante. Les autres acteurs, Ted Danson, D’arcy Carden ou encore William Jackson Harper, ne sont pas en reste, chacun interprétant son personnage sans jamais tomber dans la caricature – ce qui serait pourtant facile, au vu des caractères de notre joyeuse troupe.

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Ted Danson, interprète de Micheal, l’architecte du Bon Endroit

©npr

Pour ce qui est du rendu visuel, les effets spéciaux sont globalement réussis – certains moins bien rendus que d’autres, il faut l’admettre – et s’intègrent assez bien avec les acteurs et réelles installations de tournage. Le tout est très agréable à regarder, lumineux, avec des compositions claires et non surchargées. Et ça fait du bien ! Car on aura beau adorer Game of Thrones, cela fait parfois du bien de quitter les tons sombres et menaçants pour un univers solaire et haut en couleurs.

Si cette dernière caractéristique est commune à de nombreuses sitcoms, The Good Place se démarque également par la profusion de décors. Là où d’autres se limitent à deux ou trois lieux, comme The Big Bang Theory dans laquelle l’action se déroule en quasi exclusivité dans les appartements de Penny ou Sheldon et Leonard, la sitcom de Netflix multiplie les décors : les maisons d’Eleanor ou Tahani, de nombreux lieux du Bon Endroit (rues, espace d’accueil…) et en dehors. Ceci donne l’impression – justifiée  que l’univers de la série est bien plus grand que ce qu’il pourrait laisser croire au premier coup d’œil

The Good Place a réussi à renouveler les codes des sitcoms tout en en conservant les caractéristiques fondamentales : à un format classique et un humour bien présent viennent s’ajouter des réflexions qui donnent une profondeur à la série. Cette dernière, très agréable à l’œil, est interprétée avec une grande justesse. En somme, The Good Place est la série idéale pour remonter notre moral affaibli par la rentrée, tout en faisant s’activer nos neurones !


Les deux premières saisons sont disponibles en intégralité sur Netflix. La saison 3 est actuellement en cours de diffusion (un épisode tous les samedis).

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