Immersion artistique à l’Atelier des Lumières

C’est dans une ancienne fonderie parisienne que la fondation Culturespaces s’est donnée le défi d’ouvrir un nouveau lieu culturel dans la capitale. Le pari était risqué face à la multitude d’offres que propose déjà la ville lumière, mais le concept a su attiser la curiosité du public parisien et faire venir un nouveau type de spectateur n’étant pas toujours familier des lieux culturels. L’enjeu était également de taille du fait qu’il s’agissait de conserver l’esprit industriel du lieu tout en y faisant entrer une nouvelle forme d’art : pari réussi, les vastes cheminées et fours se mêlent tout à fait à la représentation. Le lien entre le XIXe et le XXIe siècle se fait aisément.

« L’Atelier des Lumières devait reposer sur trois objectifs : la qualité technique, la création artistique et la conservation de l’âme du lieu » précise Bruno Monnier, président directeur général de CEO de Culturespaces.

Une exposition déstabilisante et novatrice

Pour l’ouverture de l’Atelier des Lumières, la fondation met en valeur des artistes de la sécession Viennoise : Gustave Klimt suivi ensuite d’ Hundertwasser. C’est au travers l’univers étonnant et mystérieux d’Hundertwasser  que le public découvre un concept novateur par l’intermédiaire d’une forme d’art actuelle et d’une expérience unique. Si la plupart des spectateurs sont dans un premier temps quelque peu déstabilisés par la performance, au fur et à mesure, chacun prend ses42551804_291173391609564_5373573492585267200_n marques dans l’espace.

L’Atelier des Lumières présente un médium encore peu connu et une forme d’exposition qui dépasse les visites traditionnelles de musées. Le principe : donner aux visiteurs une expérience immersive de l’art par l’intermédiaire de projections immenses intégrant ce dernier dans le décor. L’Atelier propose donc un moment hors du temps et de l’espace dans lequel le visiteur est à la fois spectateurs et acteurs de l’œuvre. Les créations nous contemplent et nous les contemplons. Cette double-énonciation  rend le voyage artistique complètement interactif dans lequel il ne faut pas hésiter à soi-même se déplacer pour profiter du spectacle entièrement. L’oeuvre est tridimensionnelle et vise à inciter à avoir une attitude plus participative que contemplative.

« Notre objectif est de laisser au visiteur sa liberté de perception et d’interprétation dans un espace où ses mouvements et ses déplacements font partie intégrante de l’exposition » confirme Gianfranco Lannuzzi, directeur artistique et coréalisateur de l’exposition.

Le dialogue entre motifs d’architecture et motifs décoratifs permet au public d’appréhender un siècle de peinture viennoise. Pendant la représentation, les œuvres académiques laissent peu à peu place à la peinture symboliste, figurative et décorative correspondant à la période de l’Art Nouveau en France. C’est ainsi que le public voit sous un autre angle les monuments phares de l’histoire de l’art en traversant les siècles.

Un voyage initiatique artistique et historique

L’exploit de ce nouveau lieu culturel est avant tout d’avoir réussi à faire revivre l’Histoire à la lumière des progrès techniques grâce à l’art numérique. Plus que jamais, chacun peut y apercevoir la preuve que les nouvelles technologies peuvent donner un « coup de jeune » et rendre plus accessible la culture à ceux qui n’ont pas l’habitude de s’y confronter. Ici, cette manière d’appréhender l’art permet de substituer l’immersion à la contemplation.

 

 

Tout au long de ce périple, chacun est transporté tour à tour d’une galaxie de mots aux trous noirs, des pluies d’étoiles aux lignes se mélangeant jusqu’à se confondre, le tout dans une tension dramatique que seule la musique peut permettre. Cette dernière nous fait peur, sourire, réfléchir… Le spectateur est pris dans un ascenseur émotionnel et vibre selon les notes de musique qui accompagnent, autant qu’elles font l’oeuvre. L’exposition se rapproche ainsi du concept d’art total qu’a expérimenté Klimt embarquant  le public dans une expérience sensorielle et émotionnelle unique.

« Il ne s’agit ici pas seulement de montrer les œuvres comme nous en avons l’habitude dans les musées plus traditionnels mais d’avantage de proposer aux visiteurs une forte vibration émotionnelle entre l’animation des images, la musique et la mise en scène. » explique d’ailleurs Gianfranco Lannuzzi, directeur artistique et coréalisateur de l’exposition.

_spi1501
© Culturespaces / E. Spiller

Cette première partie introductive incite le spectateur à réfléchir sur l’intelligence artificielle, les algorithmes qui remplacent aujourd’hui de plus en plus d’aspect de la vie. L’art est-il en danger ? Est-ce au contraire l’avènement un renouveau de l’art grâce aux technologies ?

Après une excursion dans l’univers de Klimt, la musique prend le visiteur par la main pour lui faire découvrir Hundertwasser, artiste héritier de Klimt, dans une exposition temporaire et elle aussi immersive. Pour introduire le curieux artiste, un tourbillon représentant les différentes enveloppes de la personne humaine mène la foule de curieux explorateurs de l’art dans son royaume aux traits enfantins.

 « La ligne droite est un danger créé par l’homme car elle est étrangère à la nature de l’homme, de la vie, de toute création », disait d’ailleurs l’artiste lui-même

_spi1484.jpg
© Culturespaces / E. Spiller

Nous sommes alors frappés par le rejet total des lignes droites, l’omniprésence du regard mais aussi des différents moyens de  transports. Les paysages défilent et embarquent le public dans un des trains sortant tout droit de son imagination qui  conduit ce dernier dans des champs colorés où les fleurs deviennent des arbres au fur et à mesure du voyage pour ensuite se transformer en forêt inquiétante. La particularité de son oeuvre est avant tout la volonté de produire des créations en accord avec la nature et avec l’Homme, autant dans ses constructions que dans ses peintures. Avec Hundertwasser, rien ne semble stable et pourtant tout est d’une infinie harmonie. Cette sensation habite le spectateur tout au long de la représentation.

Vous l’aurez compris, attendez-vous à vivre un moment particulier, à être déstabilisé et à découvrir un héritier majeur de Klimt.  Un seul conseil pour profiter du lieu : oubliez les expositions traditionnelles où vous cherchez à apprendre et entrez dans l’Atelier avec le seul désir de vivre une expérience inédite dans laquelle l’art n’est plus seulement réservé à un public averti : pari réussi pour l’Atelier des Lumières.


  • Tarifs : entre 9,50€ et 14,50€
  • L’ Atelier des Lumières est ouvert du lundi au jeudi de 10h à 18h. Nocturnes les vendredis et samedis jusqu’à 22h et les dimanches jusqu’à 19h.
  • Pour éviter la queue, n’hésitez pas à réserver vos billets par internet et aller à des heures creuses, notamment entre 12h et 14h30
Pour aller plus loin
  • Gustave Klimt, une immersion dans l’art et la musique, Beaux Arts édition
  • Klimt, Dada
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s