Willy Ronis par Willy Ronis au Pavillon Carré de Baudoin

Elle fait partie des « petites » expositions de Paris, loin des grandes institutions culturelles qui font chaque année des millions d’entrées. Pourtant, l’exposition Willy Ronis, en plus de présenter une rétrospective assez complète du photographe français, a aussi l’avantage d’être gratuite.

Willy Ronis

Willy Ronis voit le jour en 1910 dans le 9ème arrondissement de Paris et meurt en 2009 dans la même ville. Considéré comme l’un des plus grands représentants de la photographie humaniste française, il est lauréat du Grand Prix national de la photographie en 1979 ainsi que du prix Nadar en 1981.

Willy Ronis voulait être, avant de devenir photographe, compositeur de musique. Il commence pourtant à faire des photos à partir de l’âge 15 ans et aide son père malade dans son studio de photographie à l’âge de 22 ans. Celui-ci mourra quelque temps après et le studio sera vendu. A partir de ce moment, Willy Ronis se consacre au reportage photographique.

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WILLY RONIS
Autoportrait aux flashes, Paris, 1951, Self-portrait with light flashes, Paris, 1951
© Ministère de la Culture – Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, dist. RMN-GP, donation Willy Ronis

 

 

 

 

Le Pavillon Carré de Baudoin

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Cet édifice du XVIIIe siècle situé rue de Ménilmontant dans le 20e arrondissement a d’abord été une maison de plaisance avant d’être converti en espace culturel en 2007, gardant le nom de l’un de ses premiers propriétaires, Nicolas Carré de Baudoin. Les jardins du pavillon sont ouverts au public et diverses salles sont mises en place pour accueillir les activités variées de ce lieu : auditorium, salle d’exposition, des bureaux pour des associations et une Maison de la laïcité.

L’exposition

Pour se rendre au  Pavillon,il faut tout d’abord passer par les nombreuses rues décorées de graffitis et street art. Le déplacement semble déjà en valoir le coup. Ensuite, il faut rentrer dans le lieu, un peu caché, et se laisser guider jusqu’au jardin par les rires d’enfants. L’entrée au sein du pavillon se fait rapidement, car aucune file d’attente n’est formée. Il n’y a ni caisse, ni portail de sécurité, mais simplement quelques employés, ainsi qu’une frise chronologique et une brève biographie de Willy Ronis.

A partir de là, l’exposition reste classique dans son élaboration, un ensemble de salles se succédant pour raconter l’histoire de  l’oeuvre de Willy Ronis en se basant sur les six albums qu’il a publiés. On retrouve donc des tirages de ses oeuvres, organisés par thème; par exemple, une salle est dédiée au nu, contenant son” Nu Provençal”, l’une des oeuvres clés de sa carrière.

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WILLY RONIS
Le nu provençal, Gordes, 1949, Provencial nude, 1949
© Ministère de la Culture – Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, dist. RMN-GP, donation Willy Ronis

Pour une exposition gratuite, la  collection est généreuse : 190 clichés, la plupart étant accompagnés d’un commentaire de Ronis lui-même. L’exposition ressemble presque à un journal intime et nous apprend à connaître les pensées profondes du photographe au sujet de sa vie et de son oeuvre. Rares sont les expositions françaises qui possèdent des cartels aussi fournis en plus des notices murales (cette coutume m’a d’ailleurs frappée en allant à Amsterdam où tous les musées semblent avoir cette habitude).

A la fin de l’exposition, si on ne connaissait pas l’artiste auparavant, on a l’impression qu’il est un vieil ami qui nous a personnellement fait la présentation de sa vie.

Willy Ronis aime les autres, d’où son titre de photographe humaniste. Ils sont le sujet principal de son oeuvre, souvent au centre d’un décor de rue parisienne, de maison de campagne, ou de foule déchaînée. Cette impression de solitude qui semble flotter dans certaines de ses photos ressemble à celle que l’on retrouve dans les oeuvres du peintre américain Edward Hopper, qui, lui aussi, semble cibler les personnes seules dans de grands espaces.

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WILLY RONIS
Fondamente Nuove, Venise, 1959, Fondamente Nuove, Venice, 1959
© Ministère de la Culture – Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, dist. RMN-GP, donation Willy Ronis

Il y a également un côté reportage dans la photographie de Willy Ronis, qui nous laisse imaginer un peu mieux la vie parisienne au XXème siècle. Ronis avait d’ailleurs travaillé pour différents journaux en tant que reporter.

En plus des oeuvres exposées, on peut assister à une projection dans l’auditorium du Pavillon des films réalisés sur Willy Ronis, mais malheureusement ils ne sont diffusés qu’à certaines heures de la journée.

Cette exposition a eu tant de succès qu’elle a été prolongée jusqu’au 9 janvier 2019. Celle-ci est extrêmement complète et passionnante, et, grâce à sa gratuité, son public n’hésite pas à revenir plusieurs fois admirer les oeuvres. Il existe même une visite guidée, toujours gratuite, tous les samedis à 11 heures.

Le seul défaut de cette exposition serait son manque d’équipement pour les personnes à mobilité réduite, car il faut monter des escaliers pour accéder au pavillon ainsi qu’à l’une des salles de l’exposition… mais si cela ne vous concerne pas, cette exposition est à voir absolument!

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WILLY RONIS, Le retour des prisonniers, Gare de l’Est, Paris, 1945, The prisoners coming back home, Gare de l’Est, Paris, 1945
© Ministère de la Culture – Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, dist. RMN-GP, donation Willy Ronis
Image à la une:
WILLY RONIS
Les amoureux de la Bastille, Paris, 1957
Bastille’s Lovers, Paris, 1957
© Ministère de la Culture – Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, dist. RMN-GP, donation Willy Ronis
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