Cinéma, musique et danse : Comédies musicales à la Philharmonie !

Comédies musicales, la joie de vivre du cinéma, est une exposition qui se tient du 19 octobre au 27 janvier à la Philharmonie de Paris et se propose de vous faire ressentir cette joie de vivre qui caractérise tant les comédies musicales. Le ton est donné dès l’entrée. Des répliques de costumes de comédies musicales sont mises à la disposition des visiteurs allant de la robe rouge et blanche de Mary Poppins à la robe couleur de soleil que porte Peau d’Âne dans le film de Jacques Demy.

Parcours de l’exposition

les comédies musicales
Vue de la salle principale de l’exposition © pariscope.fr

L’exposition s’organise autour d’une première salle consacrée au film ​Singin’ in the Rain, d’un espace de transition où s’affiche une frise chronologique retraçant les grandes dates de la comédie musicale, et d’une deuxième salle gigantesque dans laquelle ont été installés une toile géante et des bancs pour permettre aux visiteurs de profiter des projections. Derrière la toile écran se trouve une dernière salle, où vous pourrez vous initier aux claquettes.

L’exposition se veut immersive et la scénographie met sur la voie. Le cœur de l’exposition porte moins sur le discours autour des coulisses de la comédie musicale pourtant porté par des objets tels que des partitions, des scénarios ou des costumes, que sur les extraits sonores et vidéos de danse, de musique et de comédies musicales diffusés partout dans l’exposition.

Premier conseil pratique : prenez les casques distribués à l’entrée de l’exposition. Il ne s’agit pas, comme on pourrait le croire, d’audio guides, mais de casques à brancher sur des sorties à différents points dans l’exposition afin d’écouter des témoignages, des chansons extraites de comédies musicales, ou enfin pour s’isoler du bruit environnant pour voir des morceaux de films. Attention cependant, les casques n’étant pas insonorisés, il est parfois difficile d’entendre la musique dans le casque par-dessus le son que diffusent les projections sur le grand écran.

Il n’y a pas d’indication de sens de visite, si bien que le visiteur est laissé entièrement libre pour faire le tour de la salle, d’où un deuxième conseil pratique. Avant de se faire happer par l’écran géant, plongez-vous dans les coulisses de la comédie musicale afin de réaliser que Christopher Nolan n’a rien inventé dans ​Inception pour filmer la scène dans le couloir d’hôtel et qu’un tel procédé a déjà été mis en œuvre dans le film Royal WeddingFred Astaire danse au plafond. Vous découvrirez Cyd Charisse, danseuse extraordinaire et grande star de la comédie musicale, partenaire des danseurs comme Gene Kelly dans ​Singin’in the Rain pour le numéro ​Broadway Melody et de Fred Astaire dans ​The Band Wagon.

Affiches Devdas par Lisa Fidon
Mur d’affiches de comédies musicale à l’exposition © Lisa Fidon

Asseyez-vous ensuite dans le coin réservé aux comédies musicales à travers le monde. Ainsi, la tradition de films musicaux dans différents pays du monde se dévoile dans une sélection d’extraits de films autant indiens qu’égyptiens, italiens, espagnols ou japonais. A découvrir ou redécouvrir parmi ces extraits : le somptueux numéro de danseDola Re Dola tiré du classique de Bollywood ​Devdas, et un extrait tiré d’un film espagnol qui ne cadre que les jambes du danseur de flamenco alors qu’il se met à danser sur une table au milieu d’un restaurant.

La comédie musicale en perspective

singin-in-the-rain-par-lisa-fidon.jpg
Gene Kelly durant la chanson Singin’in the Rain © Lisa Fidon

La première projection de l’exposition est celle de la chanson éponyme du film ​Singin’in the Rain et des citations dont elle fait l’objet au fil du cinéma et de la télévision. L’exposition veut faire ressentir au spectateur cette joie de vivre si caractéristique des comédies musicales. De ce point de vue, le choix d’ouvrir l’exposition avec une chanson si connue qui parle de garder le sourire malgré les difficultés est d’autant plus pertinent. Certes, il s’agit de mettre en avant le film qui est considéré comme la meilleure comédie musicale de tous les temps et l’un des classiques du genre. Mais c’est surtout un hymne à la joie de vivre, une invitation pour le spectateur de ressentir cette joie de vivre que célèbre Gene Kelly en chantant et en dansant sous la pluie.

Dans la deuxième salle,  est projetée sur le grand écran une multitude d’extraits vidéo. Ces derniers, d’une grande richesse, sont organisés par thèmes, un thème regroupant environ deux extraits projetés simultanément. On y trouve entre autres un extrait de la chanson des jumelles des ​Demoiselles de Rochefort assortis d’extraits de répétitions, divers numéros de claquettes, des extraits des comédies musicales dont My Fair Lady, ​Cabaret et ​Chicago, une séquence tirée du film d’animation Disney ​La Belle et la Bête et de son remake en ​live action, la scène d’exposition de West Side Story et le clip de Michael Jackson : ​Smooth Criminal. Deux de ces projections simultanées ont particulièrement retenu mon attention : la séquence de « C’est la Fête », extraite de ​La Belle et la Bête dans sa version animée de 1991 et sa version ​live action de 2017 et la comparaison entre le clip de Michael Jackson ​Smooth Criminal et le final du film de ​The Band Wagon.

« C’est la fête », La Belle et la Bête, Disney

Dans la séquence de ​la Belle et la Bête, les objets animés en 2017 paraissent beaucoup moins vivants que leurs homologues de 1991. Il suffit pour s’en convaincre de regarder Mme Samovar ou encore Lumière dont les expressions sont bien moins mobiles.

 

 

On retrouve ces différences au moment du clou de la séquence, lorsque dans le film de 1991 les chandelles révèlent Lumière éclairé par un spot lumineux rose, perché au sommet d’un gâteau. La caméra d’abord focalisée entièrement sur Lumière recule pour laisser apercevoir d’autres gâteaux au sommet desquels sont perchés d’autres objets dansant à l’unisson. Dans la version de 2017, Lumière saute du sommet de la coupole d’un palais persan avant de descendre les marches du perron sous une pluie de confettis. La mise en scène de 1991 joue sur la surprise et le dévoilement progressif de l’ampleur de la fête que donne Lumière, qui investit pleinement un espace en trois dimensions, tandis que celle de 2017 se contente de s’étaler sur un plan linéaire, celui de la table.

 

 

La version de 1991 fait preuve d’une audace visuelle virevoltante, magnifiant les objets en alternant les angles de vue de la caméra. Ce numéro est une véritable explosion de mouvements et de couleurs. La version de 2017 est beaucoup plus sombre. L’utilisation dans la version de 1991 de spots lumineux aux couleurs éclatantes ne fait qu’accentuer l’exubérance de cette scène qui célèbre la joie de vivre. A l’inverse, la version de 2017 prend le parti de n’avoir recours à ces lumières colorées que pour en faire des lumières d’ambiance, ce qui a tendance à rendre la scène beaucoup plus homogène et à effacer les détails. Cette version paraît beaucoup plus statique et la mise en scène tient plus des codes issus des spectacles de Broadway (il existe à ce propos une version de la Belle et la Bête de Disney à Broadway) que du film de 1991.

Pour vous en rendre compte de vos propres yeux, il est possible de suivre ce lien : ​https://www.youtube.com/watch?v=Fub_t22bK1w

Smooth Criminal et The Band Wagon

La deuxième projection met en parallèle la version longue du clip ​Smooth Criminal de Michael Jackson (tel qu’il apparaît dans le film ​Moonwalker) et le final du film ​The Band Wagon: « Girl Hunt Ballet » où Fred Astaire danse avec Cyd Charisse. Le clip de Michael Jackson, en plus d’être un chef d’œuvre, est un véritable hommage à la comédie musicale et en particulier à Fred Astaire. Ceci se traduit d’abord par le choix du costume : chemise bleue, cravate et chapeau blanc à bande noire, le costume de Michael Jackson étant exactement le même que celui de Fred Astaire dans le final de ​The Band Wagon. Le cadre de la scène est aussi le même, à savoir un repère de gangsters, et la danse enfin est un hommage au numéro de Fred Astaire de 1953.

the band wagon and smooth criminal by jutsumj
Fred Astaire et Michael Jackson © Jutsumj

Au début du clip, alors que Michael Jackson lance sa pièce dans le jukebox, un danseur s’élance devant lui depuis la droite de l’écran et effectue les mêmes mouvements que l’un des gangsters dans le numéro de Fred Astaire qui rentre dans le bar, les genoux fléchis, levant les bras en rythme (entre 0:40 et 0:50 pour la vidéo de Fred Astaire et entre 1:06 à 1:09 pour la vidéo de Michael Jackson dont les liens se trouvent dans le paragraphe suivant). On retrouve le même rythme saccadé dans les mouvements, tandis que le héros danse avec la tête rentrée dans les épaules, entouré d’hommes en costume noir. Le lancer de jambe de Michael Jackson rappelle celui de Fred Astaire et de Cyd Charisse, surnommée à ce propos the legs, et Michael Jackson danse brièvement avec une femme vêtue d’une manière similaire à Cyd Charisse (robe rouge et longs gants noirs). Olin Chilvers, qui réalisa le film Moonwalker déclara au magazine ​Rolling Stone: ​« […] [Le chorégraphe d’Astaire] Hermès Pan a visité le plateau pendant que nous étions en train de réaliser la chanson et le numéro de danse et a dit que Fred aurait été très heureux et fier d’être ainsi copié par quelqu’un d’aussi exceptionnel.​»

Pour mieux vous rendre compte du parallèle qui existe entre les deux œuvres, il est possible de suivre ces liens : ​https://www.youtube.com/watch?v=SaGbuoMlIvE​, https://www.youtube.com/watch?v=h_D3VFfhvs4

L’exposition d’une richesse incroyable gagne son pari. A la fois ludique et instructive, elle réussit à toucher un public plus large que les traditionnels amoureux de la comédie musicale. Les amateurs de danse y trouveront notamment leur compte, car si la comédie musicale est l’alliance du chant et de la danse, il semble toutefois que l’exposition mette plus en avant la danse que le chant.


Informations pratiques:

Comédies musicales, la joie de vivre du cinéma, du 19 octobre 2018 au 27 janvier 2019

Philharmonie de Paris

Cité de la musique – Philharmonie de Paris
221, avenue Jean-Jaurès
75019 Paris

Horaires:

Exposition ouverte du mardi au jeudi de 12h à 18h | Vendredi de 12h à 20h | Samedi et dimanche de 10h à 20h.

Accès:

Métro Ligne 5 : station Porte de Pantin

RER Ligne E : station Pantin, puis empruntez le bus 151 pour rejoindre en quelques arrêts la Philharmonie de Paris

Tramway T3b : station Porte de Pantin

Bus Ligne 75 : Pont Neuf – Porte de Pantin, Ligne 151 : Bondy-Jouhaux-Blum – Porte de Pantin

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1 commentaire

  1. Je suis bien d’accord pour c’est la fête, j’avais eu le même sentiment. Par contre pour la comédie musicale « live » qui était passée à Mogador j’avais été bluffée tellement c’était ressemblant. Super idée de sortie!

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