Le numérique va-t-il tuer le patrimoine ?

© Antoine Marquet

Comment révolutionner le patrimoine sans pour autant l’occulter ? C’est sur cette vaste question que le programme Matrice invite les étudiants à se pencher pendant 10 mois.

Un projet grandeur nature

L’école 42 fondée par Xavier Niel est une école de développeurs informatiques. Quels liens avec le patrimoine ? Cette école a également une association qui se veut être un incubateur pour mettre le numérique au service de différentes causes. Cette année, le patrimoine est à l’honneur et pour l’occasion, l’association a lancé un appel à candidature à des étudiants de diverses formations en fin d’étude ayant la fibre entrepreneuriale. La sélection se fait au-travers d’entretiens. Le programme a ensuite choisi les différents membres en fonction des compétences afin de pouvoir les pousser à concevoir les meilleurs concepts.

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Le programme Matrice réunit une vingtaine d’étudiants de tous horizons confondus : commerce, ingénierie culturelle, tourisme, direction de projet, développeurs… pour penser l’expérience patrimoniale et plus largement, l’expérience culturelle de demain. Pendant 10 mois, les étudiants en fin de master ont pour partenaires la région Bourgogne, l’Abbaye de Fontenay et le Château du Clos de Vougeot. Ces hauts-lieux patrimoniaux seront le terrain de jeu pour prototyper les solutions. A l’issue des dix mois, fort d’une grande expérience, les étudiants auront l’opportunité de continuer en montant leur start-up autour de leurs solutions. C’est donc un moyen pour les étudiants de créer leur propre emploi.

Révolutionner le patrimoine grâce au numérique

Ainsi, chacun, par petits groupes, se centre sur différentes problématiques qu’ils ont pu repérer :

  • Comment mieux connaître ses visiteurs ?
  • Comment diversifier les publics ? Comment adapter la médiation pour rajeunir le public ?
  • Comment favoriser le lien entre les locaux et les lieux culturels ?
  • Comment mieux ancrer le patrimoine dans le territoire ?
  • Comment donner des nouvelles expériences aux visiteurs ?
  • Comment les nouvelles technologies peuvent faire parler les vieilles pierres ?

L’arrivée des nouvelles technologies fait peur et nombreux sont ceux qui pensent que le patrimoine peut disparaître derrière elles. C’est pour prouver le contraire que le programme voit le jour. Mais attention, le but n’est pas d’utiliser le numérique comme une fin en soi mais avant tout comme un outil ou une valeur ajoutée pour améliorer la médiation notamment.

« Les jeunes passent tout leur temps sur leur portable et il n’est pas question de proposer un dispositif sur lequel chacun serait fixé, occultant ainsi la beauté des bâtiments. Les écrans ne peuvent pas se substituer aux dispositifs physiques bien entendu » s’accordent à dire tous les étudiants du programme.

La Bourgogne : un laboratoire d’expérimentation

Comme tous les projets, il faut un terrain d’expérimentation pour tester les concepts. Pour cela, la région Bourgogne ainsi que l’Abbaye de Fontenay et le Château du Clos de Vougeot ont investi dans le programme pour permettre aux idées qui vont révolutionner le patrimoine de voir le jour et d’être testées.

« Ce qui est intéressant, c’est qu’ils veulent que l’on mette en place notre intuition et notre créativité », explique un étudiant lors d’un échange avec Pascal Minguet, chargé de la transformation numérique à la Région.

Après un mois d’immersion pour mieux comprendre les enjeux de valorisation du patrimoine et trois jours de sprint créatif intense, les étudiants entrepreneurs ont pu dévoiler aux partenaires leurs idées de projets pour « faire parler les vieilles pierres » tout en faisant revenir un public plus jeune à la conquête de l’histoire.

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En partant du postulat que le patrimoine est ce qui fait vivre une région, l’enjeu est rien de moins que de redonner une âme à chaque territoire en donnant un coup de jeune aux monuments. Pour autant, il ne faut pas perdre l’âme des lieux que chaque directeur tient à préserver.

Ce laboratoire d’expérimentation n’a pas pour unique finalité de révolutionner le patrimoine bourguignon. Les étudiants pensent bien plus vaste : si les concepts proposés fonctionnent, ils pourraient se constituer en start-up et s’exporter au-delà de la région Bourgogne-Franche-Comté.

Pour chercher l’inspiration, les futurs entrepreneurs de la culture ont eu l’occasion d’aller à Museum Connections à Porte de Versailles pour comprendre ce qui se fait déjà dans le monde muséal, être au fait des dernières innovations et enfin faire des rencontres inspirantes avec des start-up culturelles. Chacun est ressorti plus que jamais inspiré et les idées fusants pour concevoir et porter le projet.

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