Quand la musique vient au secours de l’humanitaire : Sibelius, Schumann et Schubert par l’Orchestre Oya Kephale

Le 09 décembre 2018, l’orchestre Oya Kephale s’est produit dans l’église Saint-Michel aux Batignolles dans le 17e arrondissement parisien. Le concert s’articulait autour de quelques morceaux choisis : l’Andante festivo pour orchestre à cordes et timbales de Jean Sibelius, le concerto pour violoncelle et orchestre, op.129 en la mineur de Robert Schumann et des extraits de Rosamunde D.797 de Franz Shubert.

La direction musicale de l’orchestre était assurée par Mattia Bornati, un chef d’orchestre en formation, la direction artistique était assurée par Laëtitia Trouvé (déjà présentée par Anaïs Proust dans son article sur Les Clés d’Euphonia). A l’orchestre se joignait une soliste : Imane Mahroug.

La musique

L’andante festivo de Jean Sibelius (1865-1957), un des plus grands compositeurs finlandais, fut composé en 1922 pour quatuor à cordes et fut réédité en 1938 pour orchestre à cordes et timbales. Ce fut cette deuxième version que joua l’orchestre Oya Kephale en décembre. Andante est un adverbe qui signifie posément, et sert ainsi à indiquer en musique un mouvement modéré et assez lent. L’andante festivo est ainsi une œuvre au tempo solennel dont la sonorité riche en fait une œuvre poignante et majestueuse[1].

Le concerto pour violoncelle en la mineur, op. 129 composé par Robert Schumann (1810-1856), fut écrit en quinze jours alors que le compositeur venait d’emménager à Düsseldorf avec sa femme.  Cette dernière déclare d’ailleurs à propos de ce concerto : « Le romantisme, l’esprit, la fraîcheur, l’humour puis l’entrelacement du violoncelle et de l’orchestre. Tout cela est vraiment passionnant. Et puis l’harmonie et un sentiment profond remplissent les passages chantants[2] ! »

Enfin, Franz Schubert (1797-1828) composa la musique de Rosamunde Princesse de Chypre, un drame d’Helmina von Chezy, à 26 ans en 1823. De cette musique en dix parties, l’orchestre Oya Kephale joua l’Entracte n°3 et le Balletmusik n°2.

L’entracte intervient à un moment où la survie de Rosamunde est incertaine. La musique, un andantino, à savoir un mouvement moins modéré qu’andante, mais plus lent qu’allegretto prend la forme d’un rondo. Ainsi, le refrain alterne avec les couplets. Le refrain est lui-même en deux parties, (partie A et partie B), chacune reprise une fois. Le thème de la partie A est d’abord joué par les cordes seules, auxquelles s’ajoute progressivement le reste de l’orchestre[3]. Le Balletmusik n°2 est plus festif puisqu’il dépeint le voyage de Rosamunde ainsi que son apogée en pleine fête villageoise.

Les membres d’Oya Kephale

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L’orchestre Oya Kephale à l’église Saint-Michel des Batignolles © Oya Kephale

« Créée en 1995, la troupe Oya Kephale rassemble un orchestre et un chœur d’amateurs confirmés sous la direction d’un chef d’orchestre professionnel. Elle a pour objet l’organisation de concerts et de spectacles lyriques joués au profit d’associations solidaires : humanitaires, éducatives, culturelles… [4]»

Une trentaine d’instrumentistes composent l’orchestre Oya Kephale qui se produit tous les ans en décembre pour un concert et en mai pour un spectacle lyrique (opérette). Tous les ans, les pupitres se renouvellent pour accueillent de nouveaux talents de tous niveaux , sur la base d’une audition.

Mattia Bornatin, le chef d’orchestre du concert pour la seconde année consécutive, est né en 1996 à Milan, et s’est dirigé vers une carrière musicale professionnelle après son baccalauréat. Il se consacre au hautbois tout particulièrement et fait actuellement partie du conservatoire à rayonnement régional de Rueil-Malmaison.

C’est en 2015 qu’il débute une formation pour approfondir sa connaissance de son autre passion : l’orchestre. Il assiste aux répétitions de l’orchestre Clés d’Euphonia, de la troupe Oya Kephale avec la chef Laëtitia Trouvé. Désormais, Mattia Bornatin dirige trois ensembles dont Oya Kephale.

Imane Mahroug est une violoncelliste qui a également étudié au conservatoire à rayonnement régional de Rueil-Malmaison, avant d’obtenir son prix d’excellence en 2017 et son prix de virtuosité en 2018.  Imane Mahroug a été amenée à jouer pour plusieurs orchestres : l’orchestre Pasdeloup, les Symphonies Européennes et l’orchestre de Douai.

A l’occasion du concert, Imane Mahroug a joué d’un violoncelle moderne de François Varcin, un luthier avenue de Trudaine à Paris. Après s’être consacré à la restauration, au réglage et à l’entretien d’instruments, il se consacre d’avantage depuis 2013 à la fabrication des instruments. Ainsi le violoncelle d’Imane Mahroug lors du concert fut fabriqué en 2015.

Les associations parrainées

Chaque année Oya Kephale soutient des associations humanitaires. Cette année, les associations choisies sont C.I.E.L.O et Revivre.

C.I.E.L.O est une association française qui a pour objectif d’améliorer les conditions de vie des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté dans les pays en développement. Cette association intervient notamment en milieu urbain : à ce jour, C.I.E.L.O intervient dans douze villes de dix pays comme le Bénin, la Bolivie, l’Equateur, le Liban, le Sri Lanka ou encore le Sénégal. Leur action se déploie dans quatre domaines : l’éducation en dehors de l’école, l’accès à l’eau potable, l’assainissement et l’amélioration de l’habitat. Cette association intervient aussi en milieu rural.

La deuxième association soutenue cette année par Oya Kephale est Revivre. Cette association soutient en France et au Moyen Orient les victimes de la guerre en Syrie. Le partenariat avec Kephale aide à financer le matériel pédagogique pour des cours de français langue étrangère à destination d’une cinquantaine d’exilés syriens. En Syrie, l’association envoie des aides humanitaires, et en France le soutient aux exilés se fait grâce à des cours de français au cours desquels les exilés peuvent aussi découvrir le vocabulaire de la musique.

[1] https://www.classicfm.com/composers/sibelius/music/andante-festivo/

[2] Clara Schumann, Journal de la Raison, 11 octobre 1851

[3] http://digital.philharmoniedeparis.fr/0786650-rosamunde-de-franz-schubert.aspx

[4] https://www.oyakephale.fr/

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